La dépression vue autrement – partie 1 – mieux la comprendre

Note : aujourd’hui, quatre ans après, j’accompagne les personnes, en mots et en soins énergétiques, et je forme à l’Art de la guérison, pour plus de renseignements, je vous invite à vous rendre sur http://www.etrehumain.fr. A lire aussi ceci, écrit plus récemment : la Dé-pression, à bientôt, peut-être « en vrai » 🙂

Je voudrais ici revenir sur le sujet de la dépression en m’inspirant largement à nouveau du livre d’Yves Prigent, L‘expérience dépressive.

Beaucoup d’études portent sur la dépression: pourquoi certaines personnes y sont plus sujettes que d’autres, quels sont les gènes qui la favorisent, comment en venir à bout, quel est le régime alimentaire qui aide à en sortir, quelles sont les carences alimentaires qui la favorisent, les zones du cerveau que l’ont voit « inactives » dans le cerveau des dépressifs, etc.
Elle est revendiquée comme une maladie, revendication assez légitime dans le sens où elle permet d’éviter de « blâmer » ou d’accuser une personne qui en serait « victime ». Revendication légitime également dans le sens ou cette « maladie » empêche l’action, la personne n’a plus aucun contrôle sur elle-même. Elle est contrainte à une sorte d’état apathique dans lequel elle ne ressent plus rien, dans lequel elle n’a plus aucune envie, aucun désir de vie.

Ce ressenti-là est atroce pour celui qui le vit et ceux qui le soutiennent. Ce qui explique qu’en première intention on souhaite s’en débarrasser à tout prix, qu’on le rejette et qu’on le déteste.

Plaçons nous désormais sous un autre angle, un angle peu observé (ou en tous cas moins connu et moins débattu publiquement) qui déséquilibre fondamentalement la balance dans la compréhension de l’humain dans notre société, celui du sens.      

Quel est le sens de cette dépression pour cette personne, outre le fait que son gène 5-HTT se présente sous sa forme courte qui la « prédispose », outre le fait qu’elle a un contexte familial hautement à risque?

Que ressent la personne dépressive?

Toute personne familière au syndrome dépressif ressentira, si elle est attentive, une ambivalence:
d’une part une sorte de complaisance de la personne dans sa dépression,
d’autre part, une plainte de cet état dépressif qui l’empêche d’agir et lui enlève toute envie de vivre.

Cette personne-là a peur.
Une peur atroce, la peur de mourir, de s’enfoncer sans jamais revenir de cette dépression, plus fondamentalement, à un niveau plus profond, inconscient, cette personne-là a peur de son être, elle a peur d’être elle-même, elle ne s’autorise pas à être elle-même. Elle souffre terriblement.
Et alors que son corps, son être la contraignent à être elle, à prendre soin d’elle, celle-ci va à nouveau se blâmer de n’être pas efficace, de n’être pas dans l’action, de n’être pas ce rôle qui ne lui correspond plus, qui l’épuise.

Voyons d’un peu plus près la signification de cette ambivalence.
La complaisance dans la douleur de sa dépression n’est pas malsaine. Elle la juge malsaine, son entourage la juge malsaine.
Que signifie-t-elle en fait?

D’une part, dans son sentiment ambivalent, une complaisance dans la douleur et la dépression:
J’ai besoin d’être moi, j’ai besoin de repos, j’ai besoin d’attention et d’aide. Je souffre de ne pas parvenir à exprimer mon être profond dans cette vie qui ne me correspond pas. J’ai besoin de temps pour réfléchir, besoin d’une rupture profonde pour évoluer.
C’est l’enfant en elle qui n’est pas d’accord, qui lutte, qui boude, qui se met en grève, en rébellion.

Une rébellion qu’elle juge inadmissible en fait.
Et voilà que se joint cette autre voix en elle, certainement la plus destructrice, celle source de son mal-être qui sera accidentellement, maladroitement renforcée par la société et l’entourage qui cherche à l’aider:

Je ne suis qu’une minable, incapable de faire mon travail correctement, d’être là pour mes enfants, d’être un bon parent, d’agir, d’être efficace. Au lieu de ça je ne suis bonne à rien. Tu devrais te bouger, te divertir, voir des gens, sortir, te remuer, ça te ferait du bien.

Comment va se dérouler alors cet épisode dépressif? Comment va-t-il être traité?
En entretenant cette lutte constante, le but va être de chercher à faire sortir la personne de sa dépression.
Cette lutte-là bien évidemment a sa place, le moment venu, propice.

Il faudrait d’abord une autre vision des choses, une vision plus réelle, plus adéquate pour le patient, une vision de confiance et de responsabilisation de l’être humain en reconnaissant sa souffrance, en la laissant s’exprimer sans craintes. Voir ce que cette dépression a à dire.

Et si cette dépression avait un sens? Ne pourrait-elle pas être l’occasion de faire un break de la vie adaptative?
Ne serait-elle pas en fait une petite mort pour renaître changé, un regard neuf sur le monde, sur soi?
Et si nous faisions baisser d’un degré la peur de la dépression et que nous la voyions comme une occasion d’évoluer, comme une bouée de sauvetage envoyée par l’être intérieur?
Et si, en tant que thérapeute ou en tant que proche d’un dépressif, en tant même que dépressif,  nous acceptions sans crainte et en toute confiance ce phénomène?
Lorsqu’un petit enfant est en pleine crise de larmes, cherchons-nous immédiatement à faire cesser ces larmes?
Pire, est ce que nous l’exhortons à les faire cesser?
Essayez de le faire prématurément et aussitôt l’enfant criera plus fort pour manifester qu’il n’a pas fini de panser, d’exprimer la douleur qu’il a besoin d’exprimer.
Non, dans un premier temps nous allons câliner, protéger, rassurer cet enfant pour que, naturellement, par la magie de la bienveillance et de l’attention qu’on lui apporte, il nous montre un signe subtil que, oui, il est prêt, le jeu peut reprendre, oui, la vie peut reprendre.

Et cette douleur-là n’est pas le fruit d’une petite chute advenue quelques minutes avant comme ce jeune enfant pris en exemple, elle est le fruit d’atteintes répétées à l’ individualité d’une personne, à son être le plus profond.
C’est une vieille douleur, profonde, à vif qui, chez cette personne si forte et si peu demandeuse de soutien d’ordinaire, réclame ici urgemment et violemment à être entendue, pansée, apaisée.

Cette personne, à ce moment-là ne sera pas capable de raisonner, d’être raisonnable, elle se comportera tel le petit enfant, de manière un peu capricieuse et demandeuse mais parce que c’est justement le petit enfant plein de vie, d’espoir, de joie et de créativité qui demande à être entendu ici, qui demande à être réhabilité pour venir nourrir sa vie, il a juste besoin de temps, d’amour et de confiance, comme les enfants en ont besoin.

Alors bien évidemment, la famille aura du mal à entendre cette souffrance, par peur de perdre l’être aimé, certes, cette peur-là, on ne pourra l’enlever, mais une autre partie de la peur, celle qui vient de l’incompréhension, celle-ci peut être apaisée si la famille comprend qu’il ne s’agit pas d’elle, que cette dépression ne leur appartient pas, qu’ils n’ont aucune faute, cette dépression est uniquement l’affaire de cette personne.
C’est sa dépression, c’est sa guérison qui viendra du plus profond de son être.
L’affaire de l’entourage, c’est de l’aimer, la soutenir dans la mesure de ses propres moyens et surtout, lui faire confiance, accepter, reconnaître sa douleur, accepter que la personne refuse de sortir, accepter que malgré tout ce que l’on pourra dire, cette souffrance persiste parce qu’elle est énorme et ancienne et que ça prendra du temps pour qu’elle s’apaise et que la solution vient de l’intérieur de la personne dépressive et ne peut venir de personne d’autre.

Attention, mon intention ici n’est pas de mettre une quelconque pression sur les proches mais bien au contraire de permettre de relâcher celle-ci, il s’agit de mieux comprendre la dépression, de réaliser que justement il n’y a pas grand chose à faire si ce n’est d’être patient, confiant, aimant tout en prenant du recul pour tenir le coup.

Garder toujours à l’esprit que si cette dépression se vit dans ces bonnes conditions, c’est-à-dire se vit pour de bon, jusqu’au fond du gouffre avec le soutien de psy, d’amis ou de la famille (qui ne cherchent pas à nier ou se débarrasser de cette souffrance), elle aura une issue merveilleuse.

Celle de la renaissance d’un être nouveau, confiant, aimant, heureux de vivre, créatif et plus vivant que jamais.

Alors, en ayant vécu une expérience comme celle-là, en ayant vu de ses yeux ou vécu un ressenti si extraordinaire après une profonde dépression si atroce, on aura la certitude, la conviction que tout être humain a en lui un potentiel extraordinaire de vie, de créativité, d’expression de son être qui s’exprime naturellement pour peu que les conditions soient bonnes.
On commencera ainsi à faire confiance à l’humain parce qu’on aura vu et vécu son trésor intérieur.
Alors on aura moins peur, alors on sera plus apte à aimer et à comprendre.

A l’inverse, il est important de rappeler que ces épisodes dépressifs pourront se répéter sans cesse et tout au long d’une vie tant que le message n’aura pas été entendu, tant que la peur demeurera de plonger au fond du gouffre, le manque de confiance, le manque de soutien ou un soutien peu adapté (trop de soutien aussi qui peut mener à une infantilisation nocive pour la naissance de l’être), surtout parmi les nombreux psychiatres vraisemblablement blasés qui ne savent pas apporter suffisamment d’amour et de bienveillance à leurs patients et remplacent cette bienveillance par une prescription de médicaments à vie comme on le voit trop souvent.

La dépression n’est pas une faiblesse, elle est le signe d’une incroyable force de Vie qui cherche à se manifester.
Car il s’agit bien de cela, Vivre ou mourir.
Plutôt mourir que de vivre cette vie là qui ne me ressemble pas. Soit on fait le choix de dénigrer ce sentiment et de continuer à essayer de survivre soit on plonge pour de bon, on traverse pour de bon cette tempête pour se rendre compte que la peur était plus grande que la souffrance elle-même et qu’il n’y a pas de risque à se laisser tomber lourdement dans un lit, sans plus rien faire. Car la pulsion de vie revient toujours. Et cette autre vie qui se manifeste sans prévenir, sans l’avoir cherchée ou forcée, n’a plus rien à voir avec l’ancienne.

Des personnes ont témoigné de cet autre visage de la dépression si peu connu mais ô combien capital, notamment des psychologues et psychiatres passionnés par leur travail, Yves Prigent a vu ce phénomène de guérison de l’être et d’éveil à la vie dans son cabinet des dizaines et des dizaines de fois, ce sont ses patients dépressifs eux-mêmes qui lui ont fait découvrir le vrai sens de la vie, il les en remercie et en témoigne chaudement, vivement, humainement.
C’est un livre fondamental que toute personne dépressive ou entourée d’un dépressif devrait lire.
Le lire permet de garder la foi ou de l’éveiller, cette foi en l’être humain si importante pour vivre la Vie (et traverser ses tempêtes!).

Yves Prigent, L’expérience dépressive
La suite ici : partie 2

* Cet article sur la dépression est présenté à la 60ème édition du festival à la croisée des blogs dont le sujet a été choisi par Dominique Chayer, auteur de Choisir le bonheur.
Ce festival, organisé par le site Développement personnel, permet de mettre nos réflexions en commun autour d’un même sujet chaque mois différent, proposé par les blogueurs. N’hésitez pas à venir vous exprimer sur le sujet de la dépression, ce festival est ouvert à tous, blogueurs ou non.
N’hésitez pas à laisser un commentaire: réflexion, questionnement ou témoignage sur le sujet! 🙂

A lire également:
Y. Prigent, la dépression vue autrement, à lire absolument: L’expérience dépressive dont voici un extrait ici:
Chapitre 1 L’expérience dépressive, Y. Prigent – podcast
DSM et troubles psychiatriques, vers une autre vision de l’humain

Pour aller plus loin dans la psychologie de l’être, notamment la foi dans le potentiel de croissance en tout être humain:
A. Maslow Vers une psychologie de l’être
Carl Rogers La relation d’aide et la psychothérapie

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26 réflexions sur “La dépression vue autrement – partie 1 – mieux la comprendre

  1. L’état depressif est parfaitement décrit (pour l’avoir vécu).
    Même si c’est difficile à croire, pour certains, comme moi, la dépression est un mal pour un bien qui m’a permit de me remettre en question et voir la vie sous un angle différent. Dans les meilleurs moment, je ressens à nouveau une joie de vivre complètement différente de celle que j’ai connu avant la dépression. Une sorte de renaissance est en train de se produire….

  2. Merci Cédric, ça me fait très plaisir d’avoir un commentaire! 🙂
    La « sorte de renaissance » à laquelle tu fais allusion ne se fait pas sans difficulté car il se crée un conflit entre l’avant et ce qui est en train de naître, ce qui occasionne d’après moi fatigue, anxiété voire états dépressifs (une partie résiste fortement). Il s’agit de tenir bon pour vivre la nouvelle vie, de se faire confiance, toujours (c’est ce qui manque le plus aux personnes sensibles, se faire confiance!) d’être à l’écoute de soi-même et de la vie, pour pouvoir savourer cette nouvelle manière d’être au monde.

    • Mysterieuse Elise… Qui es tu pour parler de tout cela avec autant de clairvoyance?!?
      Comme tu le dis, cette renaissance est pour moi très difficile car c’est comme renaitre dans un monde nouveau et totalement inconnu. Oublié tous mes repères et habitudes « d’avant ». Je dois repasser en mode manuel au niveau de mon esprit et ne plus suivre la vague sur laquelle je suis portée jusqu’à maintenant… Réapprendre les émotions, les sentiments etc… Ne plus prendre pour ‘argent comptant’ ce que je vois, entends, ressent etc…
      Mais pour cela, j’ai tout le reste de ma vie…

      • 🙂 Merci Cédric.
        Rien de mystérieux. Une grande sensibilité, une grande, très grande empathie. Je réalise enfin que si je cesse d’évincer cette sensibilité, de me battre contre elle, de la prendre comme une fragilité, alors elle peut être un don…! (Et non une tare, familiale ou sociétale…!) Et quelle grande découverte…!

  3. Bonjour

    je découvre ton blog par le carnaval. Vivre complètement sa dépression permet de repartir vers une nouvelle voie. Traiter la dépression , par des voies médicamenteuses ou pas, sans laisser la personne aller au bout de son mal-être pour trouver enfin SA source , c’est prendre un gros risque de la voir ressurgir plus tard. Bien sûr, c’est loin d’être facile et il vaut mieux être aidé , même si la personne dépressive doit parcourir le chemin toute seule.

    Merci pour ce partage plein d’humanité.
    Phil

    • Bonjour Philippe,

      merci pour ton commentaire, je suis heureuse de découvrir encore une nouvelle personne pleine d’humanité, au contact de son être, qui témoigne aussi de la Vie « après dépression », quelle richesse dans tes écrits!
      Au plaisir de te revoir, ici ou sur ton site que je viens de découvrir avec joie. 🙂
      PS: désolée pour la réponse si tardive, petit bug dans mon site et quelques contretemps… 😉

  4. Pingback: Résultats du festival à la Croisée des Blogs - La dépression - Choisir le bonheur

  5. Bonjour Elise !

    Merci pour cette description subtile de la dépression. J’ai aimé ce parallèle que tu fais avec les petits enfants en pleur. Et je suis content d’avoir découvert l’ouvrage de Yves Prigen.

    Merci pour cette belle contribution à la Croisée des Blogs.

    A très bientôt

    Alexandre

    • Bonjour Alexandre,

      merci, merci beaucoup!! 🙂
      Très très heureuse que tu apprécies la découverte d’Yves Prigent que je souhaite partager avec le plus de monde possible, en particulier les personnes touchées par la dépression.
      Merci à toi de m’avoir permis de diffuser à un plus grand nombre mes textes par le biais de ce festival vraiment intéressant et motivant!

      belle journée à toi,

      Elise

      • Merci pour cette réflexion très profonde.je suis maman et mon fils vient de faire une dépression dont il est en train de sortir tout doucement et je ressens ce renouveau après le gouffre.

      • Bonsoir Pascale,

        merci pour votre témoignage, c’est très précieux.
        Quel âge a votre fils si ce n’est pas indiscret ?

        Belle soirée à vous et encore merci

  6. bonsoir Elise.
    je remercie W. de nous avoir fait connaitre ce blog très précieux, avec une sensibilité magnifique, tout à fait complémentaire. je prendrais le temps de découvrir ses profondeurs.
    et je vous remercie aussi, encore plus

    • Oh merci !!!!!
      Quel commentaire chaleureux et cela, juste avant d’aller me coucher, comme ça fait du bien !!!

      Un grand un immense merci, au plaisir de vous – te ! – revoir par ici et peut-être d’échanger,

      belle soirée 🙂

  7. Pingback: La dépression, une autre vision... - Blog moderne sur le développement personnel, le bien-être et la spiritualité

  8. Bonjour Élise,
    J’aime vraiment beaucoup ton blog, il est tout simplement vrai ! Je suis en train de vivre le bien être de l’après dépression, un bien être qu’effectivement je n’avais jamais connu, pas même avant ma dépression. Une vision de la vie tellement immense, tellement plus large, tellement magique et merveilleuse ! C’est un réel cadeau et je ne regrette à aucun moment d’avoir accepté de me battre ! Par contre, ce qui me manque encore un peu, c’est effectivement (comme tu l’as souligné dans l’un de tes commentaires) la confiance en moi et la tolérance envers moi. Pourtant, mon état actuel et l’empathie que j’ai envers moi aujourd’hui ne sont absolument pas comparables à ceux d’avant ; c’est pour cela que j’espère sincèrement progresser encore et encore, jusqu’à un bien être général et durable.
    Encore merci pour ce partage riche en émotions et en soutien. 🙂
    Au plaisir de te lire.

  9. Bonjour Cécile,

    quelle joie de te lire !!! 🙂
    Un grand grand merci pour ton témoignage, ici.
    J’espère te revoir ici ou ailleurs ! N’hésite pas à venir échanger, partager, ici ou sur le blog de Fabien, Au pied d’une arbre où j’écrirai également, tu y trouveras aussi d’autres auteurs passionnants.

    Une lumineuse journée à Toi 🙂

  10. Merci pour cet article fort intéressant qui me parle bien. La dépression perturbe…elle nous envahit et après elle s’en va mais qu’est-ce que c’est dur de la subir ! Merci encore pour ce partage.

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