« Sectes à l’hôpital » ou évolution vers une médecine de l’humain?

Voilà que je tombe sur cette “information”:

Sectes à l’hôpital
La lutte contre la médecine ésotérique se poursuit

Ces articles dénoncent les dangers et les dérives des médecines alternatives qui ont fait leur entrée à l’hôpital, à l’université, donc dans le domaine de la santé publique et de la recherche et l’auteur et ses enquêteurs s’offusquent et s’inquiètent fortement de cette entrée dans la médecine de ces disciplines qui manquent d’assise scientifique et de preuves scientifiques.

Ils citent donc plusieurs de ces médecines alternatives comme la réflexologie, le reiki, la fasciathérapie et en profitent pour mentionner des cas connus de dérive et d’extrémisme dans ces domaines comme c’est le cas du docteur Hamer (cas déjà mentionné par Thierry Janssen), après une mention bien choisie, qui excite la curiosité et le dégoût, d’extrait ragoûtant de « peptide d’urine » proposé par le “traitement burzynski” en alternative à la chimiothérapie, l’article finit en apothéose avec un autre cas mentionné d’un gourou russe incriminé dans un réseau de prostitution (rien moins que ça!) en rapport avec l’université d’Angers qui avait eu un conflit avec une des employées médecin, rattachée à un mouvement suspect sectaire, lui même rattaché à cet homme russe.

Vous avez du mal à suivre?
C’est digne d’une enquête policière! Il y a eu un crime! Ou bien serait-ce un complot?

Secte, médecine ésotérique, où sont les médecines alternatives là-dedans? Tout ceci est confus, amalgamé, alimenté par la peur pour ne pas dire la paranoïa: “qui tentent également d’infiltrer les universités”, “endormir la méfiance des personnels hospitaliers.”

Je tiens à apporter ici  beaucoup plus de nuance et surtout, je l’espère, une vraie information, celle qui pourra toucher le coeur de l’humain et non exciter son agressivité ou sa peur, ce coeur de l’humain si fondamental, qui cherche à percer (parfois maladroitement certes, parfois à ses risques et périls) dans la montée de ces médecines alternatives, qu’on peut percevoir aussi dans l’agressivité et la remise en cause du système médical actuel.

Cette avancée de l’humain n’est pas sans danger, il est vrai, l’humain peut se perdre de mille façons mais n’oublions pas que pour évoluer, il faut pouvoir oser, affronter les dangers et le meilleur outil (qui devient parfois une arme) de l’humain pour cela reste sa capacité de raisonner, d’apprendre, de comprendre, de chercher.
Encore faut-il que cette capacité de raison n’engloutisse pas son coeur, son intuition, son humanité.
C’est pourtant ce qu’il se passe, tous les jours, dans la science, dans l’actualité, la science parfois devient l’ennemi de l’humain dans sa dimension humaine, chaude, instable, imprévisible, amoureuse alors que justement cette science peut et doit rester au service de l’humain pour l’aider à évoluer, pour ne pas le perdre aussi.

Alors, c’est bien de cela qu’il s’agit dans cette article, d’une problématique somme toute bien banale, logique de tout être humain: le besoin d’une part de tout contrôler, de tout connaître, d’objectiver, de raisonner; l’envie, le désir d’autre part, de s’envoler, de rêver, d’être, intuitivement, subjectivement, humainement, simplement.

Alors il sera facile de se ruer dans la vision dichotomique, de se ranger du côté des extrêmes, celui, tabou, rebelle, du mysticisme, l’autre, plus classique, conformiste plus actuel de la raison, de la science ou plutôt du dogmatisme. La raison, la sécurité ou bien l’évasion, la rêverie, la folie.
Deux extrêmes encore une fois qui n’existent pas réellement mais qui sont bien présent dans la société d’aujourd’hui, chacun ayant un peu des deux en lui (en tant qu’être humain), oscillant plus ou moins consciemment tour à tour dans l’un ou l’autre monde avec toutes les maux que cela peut occasionner.

Que représentent ces médecines alternatives? Pourquoi de plus en plus de personnes de par le monde y ont recours?

C’est qu’elles proposent tout ce qui manque à la médecine actuelle (qui heureusement est en train d’évoluer, nous le verrons par la suite) pour soigner des humains et non des machines.
Pour reprendre les propos de Thierry Janssen, trop de médecins pensent que leurs patients ont des maladies alors même qu’ils sont malades.
La différence est subtile mais capitale.
Avoir une maladie et être malade.
Un même virus de la grippe sera ressenti différemment par chaque personne. Ce ressenti bien individuel a besoin d’être reconnu, exprimé.
On ne soigne pas une maladie mais un malade.
Ce que proposent les médecines alternatives est une vision holistique, globale de l’humain. Une globalité qui intègre le ressenti, subjectif, individuel mais aussi universel, de toute une humanité chargé d’Histoire, de Tradition, une histoire empreinte aussi, rappelons-le de mystérieux, de spiritualité, de religion, de rites, de croyances.
Comment peut-on oublier, passer sous silence tout cela? Faire l’autruche à ce point, reléguer au rang de “fantaisiste”, irréel, illusoire des  concepts illustrés, décrits, transmis depuis des millénaires comme par exemple celui d’une énergie universelle qui relie les êtres et le monde, quand on soigne un être humain?

Le fait même de ressentir l’irréel, l’incompréhensible ne le rend-il pas réel?

Cet irrationnel, ce mystérieux, cette instabilité est aussi une réalité, n’en déplaisent à ceux qui voudrait se protéger derrière un rationalisme bien plus sûr et sécurisant.

Alors oui, il faut le savoir, garder à l’esprit, demeurer vigilant quand on ose s’aventurer dans les profondeurs chaudes, excitantes, exaltantes, mystérieuses et instables de l’humain, quand s’initie cette quête de soi-même et du monde; il y a le même risque de dogmatisme, d’enfermement, dans cet irréel, irrationnel, mystérieux. L’envie de se laisser porter, envoler dans ce grand mystère de l’humain, dans la religion, dans la spiritualité, dans le mysticisme.
Les anges, la magie, Dieu, cela est si exaltant, tellement plus trivial que la réalité quotidienne qu’on a besoin de fuir, qui semble ne plus nous correspondre.
Dans le contexte ambiant, on serait tenté de juger beaucoup plus durement cette personne qui tombe dans le mysticisme, on aura l’arrogance, depuis notre hauteur surpuissante et dogmatique de la raison et de la science de se moquer, de la blâmer de s’être laisser duper si naïvement. Cette personne-là pourtant aura pris conscience, parfois bien malgré elle, d’une autre réalité, elle aura décidé de suivre son intuition pourtant dans un contexte culturel et sociétal hostile, tout comme sa raison (ne l’oublions pas, cette personne là aussi est dotée de raison), et d’accorder de l’attention à cette partie moins évidente, plus profonde, plus cachée, plus dangereuse aussi puisque méconnue.

Elle aura alors besoin d’être soutenue, guidée, encadrée par la science et non rejetée.

Alors comment faire une fois engagé sur cette voie de l’ouverture, de la réflexion, du questionnement à soi-même et au monde pour ne pas se perdre?

La clé réside justement au coeur de l’humain donc de soi-même (la pierre philosophale des alchimistes, le processus d’individuation de Jung, l’épanouissement personnel, le potentiel de croissance de Maslow etc.).
Dans ce coeur réside la bonne marche à suivre, tous les besoins, toutes les capacités de l’humanité en général, celles de l’individu particulier aussi.
Et les médecines alternatives, entre autres, peuvent être d’une grande aide mais pas seulement et on l’a vu dans cet article maladroitement formulé, elles comportent des risques, mais précisons-le, pas plus que la religion, que la science ou tout autre endoctrinement ou dogmatisme.

Il s’agit, en reprenant contact avec soi-même, en se découvrant, d’apprendre à se faire confiance et surtout, de devenir responsable (et non plus coupable).
Cette connaissance de soi-même passe par le corps et l’esprit et englobera les deux natures humaines, le ressenti et la raison, la subjectivité et l’objectivité.
En s’ouvrant à soi-même, on sera plus conscient de ses capacités intuitives par exemple.
Cette intuition n’obéissant pas aux même règles que la raison, elle devra constamment trouver un appui dans la connaissance en s’informant.
Là se créera la magie de la concordance entre notre intuition personnelle et la science et la raison qui deviendront, non plus l’ennemi de notre subjectivité mais un puissant soutien, un allié pour vivre pleinement.

Les médecines alternatives aideront à accéder à une meilleure connaissance de soi-même en combinant le corps et l’esprit. Il est vrai qu’il en existe beaucoup et qu’il est difficile de faire le tri. A mon sens, la diversité de ces médecines représente la diversité humaine dans ses besoins, certains auront plus d’affinités pour une discipline que pour une autre, il s’agira de s’informer, toujours, de ce qu’en dit la science en recherchant scrupuleusement sur le net et dans les livres de la documentation provenant de diverses sources.

Heureusement, aussi, au niveau de la société et de la science, les choses évoluent, la dichotomie tend à disparaître et beaucoup de chercheurs s’intéressent à ce phénomène, cette percée des médecines alternatives, la globalité de l’humain, les interactions corps esprit.

Voilà pourquoi elles émergent à l’hôpital et à l’université, peut-être avec certains dérapages, comme toute nouveauté qui émerge!

Il y a même de nouvelles disciplines qui se créent à cet égard comme la neuropsychoimmunologie, qui, en France reste frileuse sur le terme psycho et préfère le terme de neuro-endocrino-immunologie qui étudie les rapports étroits entre les émotions, le stress et le système immunitaire et les sécrétions hormonales.

Plutôt que de citer le cas extrémiste de cette personne qui proposait de guérir le cancer uniquement par sa thérapie proposée qui évinçait la médecine classique avec la chimio, citons le cas de médecins comme David Servan-Schreiber, qui a su allier son intuition et sa raison, faisant preuve de bon sens, devenant responsable, acteur de sa maladie et utilisant toutes les études scientifiques qu’il a recueillies lui-même pour en venir à la conclusion que sa guérison passerait aussi par son alimentation, sa santé psychique et son corps.

Des études affluent sur le lien entre forme physique, forme psychique et système immunitaire, des tests poussés ont été réalisés en laboratoire sur des souris stressées, David Servan Schreiber ainsi que Thierry Janssen, par exemple, permettront de s’informer clairement et scientifiquement même pour les non scientifiques.

Quant à l’effet placebo de ces médecines alternatives, plutôt que de s’en offusquer, réjouissons nous sur ce formidable pouvoir de guérison de l’être humain non encore élucidé à ce jour! Rappelons qu’en moyenne, un placebo ingéré a 35% de chances de vous guérir! (et ce chiffre est gardé en référence pour les autorisations de mise sur le marché d’un médicament qui doit, en principe mais ce n’est pas le cas pour tous, surpasser ce chiffre)
Et ne vous détrompez pas, ces guérisons ne sont pas l’apanage de ces “pauvres crédules”, des études ont été faites pour faire émerger un profil type de répondant aux placebo, ce profil n’existe pas! Tout être humain est concerné par l’effet placebo.

Rappelons aussi, en référence à l’article et à son dénigrement et surtout son mépris, de cette énergie appelée dans certaines traditions le ki (prononcer chi), que c’est de cette énergie dont il s’agit dans la pratique de l’acupuncture qui est reconnue dans le monde entier et étudiée pour comprendre ce qu’ils n’ont pas totalement élucidé à ce jour: pourquoi, en piquant un endroit du corps, on provoque une guérison à un autre endroit, éloigné? N’ayons pas peur de cet inconnu, prenons cet inconnu comme moteur exaltant de recherche, de recherche de notre vérité!

Je voudrais dire pour finir à tous ceux dont la foi – ce ressenti de chaleur, d’intuition, de sensibilité, de lumière, d’amour incommensurable, de beauté mais aussi de douleur, d’agressivité, d’instabilité, de peur, de doutes, de questionnements, de Vie – est en train de naître en eux timidement de ne pas se laisser gagner, dévorer par la peur d’évoluer, la peur de l’inconnu, je voudrais leur dire, vous dire, que cette peur demeure un guide, un soutien, un moteur et non un frein, un rouleau compresseur de leur humanité pour faire fonctionner leur raisonnement, en s’informant, toujours.

Utilisons toutes nos capacités d’être humain en vie: la capacité de raisonner, de comprendre, de chercher, pour clarifier, exprimer, diffuser, partager ce contenu chaud, profond, instable, amoureux, mystérieux, merveilleux de l’humain.

Je terminerai par cette citation de Wilhelm Reich:

“Amour, travail et connaissance sont les sources de notre vie. Ils doivent donc la gouverner”

Un exemple de bibliographie sur le sujet:

Thierry Janssen La maladie a-t-elle un sens?, Vers une nouvelle médecine du corps et de l’esprit
Patrick Lemoine Le mystère du placebo, L’enfer de la médecine est pavé de bonnes intentions
David Servan-Schreiber Guérir, Anti-Cancer
C. G. Jung L’homme et ses symboles
Sébastien Bohler, Véronique Durruty  La chimie de nos émotions  
Dans ce livre, un exemple de début d’appréhension scientifique de notre intuition: “Aujourd’hui dans le sillage des travaux de Damasio, s’est développée une conception scientifique qui réhabilite les émotions (donc de l’humain!). Le monde affectif est à présent tenu pour une part importante des capacités humaines de raisonnement et de décision”
“Tous les choix ne sont pas le résultat de raisonnements entièrement rationnels.”

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