La douleur, la maladie, la souffrance

Je voudrais vous parler aujourd’hui de la douleur, de la maladie et de la souffrance.
Le voyage va jouer grandement sur la douleur et la maladie.
La douleur et la maladie joueront aussi grandement sur le voyage, je ne m’étendrai pas sur cet aspect important ici.

Dans ce domaine de la santé aussi, va s’opérer un renversement complet de la vision des choses.
Ce renversement ne se fera pas du jour au lendemain.
Il y aura des avancées majeures, des reculs aussi, le doute, toujours, les questionnements, l’espoir naissant, la croyance aussi.
Tous ces sentiments inhérents au voyage seront là aussi, face à la douleur et la maladie.

Il y aura besoin de temps avant que le changement ne s’opère.
Cette dimension temps est importante, toujours, dans le voyage.
On se montre souvent impatient, pressé, visionnaire, en avance.
Le voyage se fait à un rythme précis, le rythme de chacun, en fonction du degré de résistances, c’est-à-dire du vécu et de la vision initiale du monde.

Le voyage va apporter un rapport à la maladie, à la douleur et au corps bien différent.
Je vais passer d’un sentiment d’impuissance totale à une responsabilisation et donc, une maîtrise retrouvée.

Rapport initial face à la maladie et à la douleur : une grande souffrance due à un sentiment d’impuissance et un manque de confiance.

Dans notre croyance initiale, c’est-à-dire, avant le voyage, c’est-à-dire les croyances inculquées par la société et l’éducation avant que ne s’initie un retour et un “travail” sur soi qui se terminera sur un nouveau systèmes de valeurs:

– Je vois la maladie comme quelque chose d’extérieur sur lequel je n’ai aucun contrôle: le virus, le microbe.
– Je n’ai aucun pouvoir sur ma maladie, seuls les médecins détiennent la connaissance et je m’en remets totalement à leur verdict.
– J’ai tout de même l’intuition que je joue un rôle dans cette maladie ou cette douleur.
Je sens bien que la fatigue joue, d’autres éléments aussi mais ce sentiment à ce niveau reste au lourd stade de la culpabilité. Donc je masque ce sentiment car lorsqu’il ressort, il m’est insupportable d’imaginer une quelconque “faute” dans ce qu’il m’arrive de si douloureux.
Cette culpabilité représente une souffrance insoutenable que je contiens très fort.
– Je ne donne aucun sens à cette maladie ou cette douleur qui représente seulement une galère de plus qui vient gâcher mes plans de travail ou de vacances, une irrégularité insoutenable, qui n’a rien à faire là.

          Exemple de mode d’action

Je me rends chez le médecin qui, si je suis chanceux, ne me blâmera pas d’un stress que je dois apaiser (comme si c’était facile, et utile comme conseil…!) et me donnera l’étiquette d’une belle maladie à éradiquer au plus vite avec force dose de médicaments.

Ce médecin ne sait pas, n’a pas appris combien son mode d’action est délétère pour l’humain.
Il contribue malgré lui à mon infantilisation, à mon impuissance face à la maladie, à la nécessité, la fausse croyance que si je ne prends pas mon traitement, je ne pourrai guérir (cela étant vrai, bien évidemment pour des urgences graves, chose somme toute assez rare, beaucoup de consultations et de prescriptions se faisant pour des douleurs chroniques fonctionnelles, des rhumes, grippes, maux de tête, de dos, de ventre et compagnie…)

Un jour pourtant je ne serai plus satisfait de ce mode d’action face à la maladie pour diverses raisons: mal non soulagé, lourds effets secondaires dus au traitement, percée de conscience, insatisfaction, début de questionnements.
Début du voyage, donc. De la difficile remise en cause de tout un système.
Souvent un voyage initié à cause de cette souffrance.

          Conséquences de ce mode d’action

– Vécu passif de la maladie ce qui implique aucune mesure prise à un niveau individuel pour aller mieux: se reposer, manger mieux, s’aérer etc.
– Prise massive de médicaments potentiellement nocifs pour les personnes les plus sensibles et lors de prise répétées.
– Peu place pour la confiance, l’espoir et la croyance.
Pire, dédain, mépris et rejet de tout espoir trop prononcé jugé suspect, en témoigne la référence de Thierry Janssen¹ à une patiente accusée d’un déni de sa maladie, le cancer, jugée donc dépressive et traitée par médicaments parce qu’elle gardait espoir malgré un pronostic très grave…!

Nous perdons ici un potentiel essentiel, inestimable, extraordinaire de tout humain: son potentiel de guérison, d’autoguérison qui passe, notamment, par une rectification de son mode de vie et tout autant par sa capacité à croire et à espérer (mentionnons à cet effet, pour exemple, l’effet placebo: jusqu’à 70% d’efficacité avec la prise d’un comprimé ne contenant aucune substance active. Des études récentes montrent que le cerveau est capable de sécréter des substances aux propriétés pharmacologiques tout aussi efficaces que les médicaments. Voir à ce sujet la bibliographie du psychiatre Patrick Lemoine².)

Entre les deux, rapport transitionnel face à la maladie et la douleur ou le début d’une prise de conscience

Ce passage-là va être intéressant mais délicat.
C’est alors que nous allons nous tourner vers les “médecines alternatives”, l’homéopathie, les médecines énergétiques (en surmontant une certaine honte de se tourner vers des disciplines manquant d’assise scientifique), bref, des disciplines capables d’englober l’être humain dans sa totalité corps/esprit. (Voir à ce sujet: Débat sur le cholestérol, reflet de la dichotomie et de la peur ambiante)

Cet “entre-deux” va nous permettre de changer peu à peu notre mode de vie pour une hygiène plus saine.
On va moins prendre de médicaments ce qui aura des effets positifs également sur notre santé.
On va aussi se sentir peu à peu acteur de sa maladie, responsable.

Pour ce qui est de la confiance, de l’espoir et, en définitive, de la foi, je dirais que ce sera le défi le plus difficile et le processus le plus long.
Nous commencerons à sentir naître la confiance mais souvent, elle sera tournée vers la nouvelle discipline essayée.
Cependant, cette confiance-là nous sera d’un grand soutien et nous en avons besoin pour passer ce cap où notre confiance n’est pas atteinte.

Dans cet « entre deux », nous allons apprendre petit à petit à se faire confiance et à se connaître: connaître son corps, ses “fragilités”, connaître ses limites, apprendre à sentir, déceler quand on a besoin de repos, apprendre à accepter que notre volonté n’est pas illimitée, nous avons un mental au flot, au désir et à la volonté illimité mais un corps qui a ses limites, nous en prendrons peu à peu conscience.
Il est intéressant de préciser ici que cet apprentissage des “limites” est un peu frustrant.
Mais il est contreblancé par un espoir, une confiance qui commence à grandir et qui bientôt, sera durablement installée.

Quelques écueils, difficultés possibles dans cet entre-deux

Quitter une infantilisation et un système pour adhérer à un nouveau système déresponsabilisant et tout aussi dogmatique

Ici nous trouverons les cas où l’individu, en désaccord total avec le système de santé actuel et en colère va orienter sa confiance vers une médecine douteuse, douteuse en ce sens que du « grand ponte » on passe au « gourou » en prenant des décisions déraisonnables qui vont à l’encontre de notre santé: s’isoler complètement du système de santé classique, refuser tout traitement dans le cas d’une maladie grave.
On imagine bien ici les conséquences…

Il s’agit toujours, quand on commence à mettre en marche son coeur, son intuition, de garder notre raison comme soutien.

Se leurrer en pensant que nous pouvons tout contrôler, que par là-même, par une bonne hygiène de vie, nous sommes capables d’éviter toute douleur et toute maladie (j’ajouterais, sans développer, tomber dans le jugement de l’autre qui ne prend pas soin de lui et le blâmer d’être malade…)

Ici, cet extrait du bouddha cité par Thierry Janssen¹ résume bien les choses:

“la douleur constitue un aspect inévitable de l’expérience humaine, tandis que la souffrance dépend de notre réaction face à cette douleur […].”

Mais nous nous en rendrons compte par nous même sur ce nouveau chemin qui s’ouvre à nous.

Sentir le poids énorme d’une culpabilité d’être malade ou d’avoir mal, dans un premier temps, lorsqu’on confond responsabilité et culpabilité

Ceci est normal car cela correspond au mode de fonctionnement et de pensée actuel de notre société marqué par la notion de pécher et donc, de culpabilité (notion bien développée notamment par le guérisseur ex chirurgien Don Miguel Ruiz, dans Les quatres accords toltèques³).

Ce sentiment s’évanouira de lui-même au cours du voyage au coeur de soi-même, lorsqu’on apprendra à lâcher la culpabilité pour se sentir responsable.

          Quitter le navire en cours de route

En tombant sur les mauvaises personnes, sur une discipline malhonnête ou lorsque la culpabilité aura été trop forte et n’aura pu être surmontée, remplacée par le puissant sentiment de responsabilité, on sera tenté de mettre un terme à ce fabuleux et difficile voyage au coeur de soi.

Je suis intimement persuadée que ce retour en arrière est une redoutable erreur en ce sens qu’il risque, à un stade avancé de la prise de conscience, de demeurer une grande souffrance qui pourrait bien s’éterniser en dépression, par exemple.

Cependant, à un stade pas trop avancé et si la personne s’en trouve soulagée et non souffrante, bien évidemment cela n’est pas un problème.

Il faut préciser également et c’est un détail très important, ce phénomène:

          L’aggravation durant le processus d’autoguérison complet

Car pour ceux qui seront du voyage, ce ne sera pas seulement l’amélioration, la guérison de leur douleur ou maladie qui va se produire mais un processus de guérison bien plus profond et complet.
En s’engageant dans ce beau voyage au coeur de soi-même, nous allons épurer en quelque sorte tout un tas de vieilles douleurs, physiques et psychiques.
Et il est intéressant de constater que cette “épuration” est décrite dans toutes les médecines holistiques ainsi que dans la psychologie et dans la spiritualité.

Cette épuration peut se traduire, dans certains cas, par des aggravations passagères des symptômes présents ou passés. La maladie étant, du point de vue de la médecine énergétique, une sorte d’évacuation de tensions et de noeuds accumulés, donc, par là-même, quelque chose de relativement sain.

Ce sujet mériterait un texte entier, j’espère que j’aurai l’occasion d’y revenir sur ce site avec toutes les références des disciplines, livres et articles qui décrivent cela.

Point culminant du voyage, un rapport au corps et à la maladie totalement renversé

A ce stade, vous avez appris beaucoup sur vous même, votre esprit et votre corps.
Vous connaissez parfaitement vos limites, vos points sensibles, vos faiblesses.
Vous avez appris, non pas à contrôler votre corps et votre esprit mais à le maîtriser, dans une certaine mesure, dans la mesure de ce que vous savez être possible.
Vous avez appris et accepté que l’humain n’est pas parfait, que l’être humain n’est pas une machine, que vous ne pouvez pas repousser, éliminer toute douleur et toute maladie.

Mais cela ne veut pas dire que vous souffrez, cela n’est pas l’ancienne façon de voir qui est la résignation, c’est tout le contraire en fait.

Vous êtes en bien meilleure santé, que dis-je, vous retrouvez une seconde jeunesse!

Tel un enfant vous gambadez, sautillez, vous sentant léger, attentif à vous-même et au monde qui vous entoure, allant spontanément vous aérer, manger des choses qui vous font du bien, non pas parce que c’est bon pour la santé ou parce que ça fait maigrir mais parce que vous sentez, profondément, que c’est ce qu’il vous faut.

Tout cela parce que, au terme d’un long cheminement, la peur a laissé la place à l’espoir, la foi.

Et cet espoir, cette confiance profonde en vous même, en tout humain, cette foi vous donne des ailes, vous donne des pouvoirs magiques même, vous rayonnez.

Alors, pour revenir à votre corps, votre douleur a disparu. Certaines fois, elle réapparaît doucement, quelques secondes, comme une vieille amie qui vient vous rappeler ce travail merveilleux que vous avez accompli.

Lorsqu’une douleur survient sur vous ou sur vos proches, une maladie, vous avez confiance, vous n’avez pas peur. Vous savez seulement déterminer si cette douleur ou maladie nécessite une aide extérieure ou pas, que ce soit votre nouvel homéopathe, accupuncteur, un médecin plus conventionnel aussi.
Celui qui connaîtra bien votre point de vue différent, l’admirera et le respectera.

Ce médecin conventionnel, vous savez qu’il a ce que vous n’avez pas, un éventail énormes de compétences techniques dont vous pourriez avoir besoin un jour où vous n’auriez pu prendre soin suffisamment de vous; là où vous, vous détenez l’essentiel des clés de votre guérison, en votre coeur et votre corps que vous connaissez sur le bout des doigts.

Vous savez que la plupart de vos maux sont sans danger, vous connaissez souvent l’origine de ce mal (un virus ou un microbe extérieur, certes, mais mon corps cette fois-là l’a laissé entrer!), parfois, vous ne la connaissez pas et cela vous agace.

Alors vous savez qu’il ne sert à rien de comprendre, juste de rester conscient, attentif, aimant envers vous-même.

Vous avez lu, appris aussi à quel point le corps humain est fantastique, épatant.
Ce petit coeur, chez l’embryon, premier organe à fonctionner, qui bat, alors qu’il ne mesure que 0,2 mmª…..!!!!!!

Vous regardez avec des yeux émerveillés votre plaie qui se referme, jour après jour alors que vous vous êtes coupé l’autre jour en cuisinant.
Comment aviez vous pu rater cela avant??

Vous découvrez que votre rhume ou votre grippe dure le même temps sinon moins que ce temps ancien où vous vous sentiez obligé de prendre un désinfectant pour le nez, la gorge et le sirop pour la toux.

Vous vous émerveillerez, tout seul, le regard brillant, de voir que votre vilaine toux a cessé alors que vous n’avez absolument rien pris, même pas de l’homéopathie ou des plantes.

Parce que vous savez que votre corps est merveilleux.
Parce que vous savez que votre coeur est merveilleux.

Et pourtant vous n’êtes pas naïf, vous n’êtes pas idiot, vous croyez au rêve, à l’amour, à l’espoir tout en étant infiniment conscient et intelligent.

A lire également: La souffrance humaine vue autrement.

¹ Thierry Janssen, La maladie a-t-elle un sens?
²
Patrick Lemoine, Le mystère du placebo
³
Don Miguel Ruiz, Les quatre accords toltèques
ª
Bernard Sablonnière, L’odyssée moléculaire

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