Prélude à un nouveau rêve – extrait des quatre accords toltèques –

“Votre esprit tout entier est un brouillard que les toltèques appellent un mitote (prononcez mi-to-té). Votre esprit est un rêve dans lequel des milliers de personnes parlent en même temps, et personne ne comprend personne.
Telle est la condition de l’esprit humain: un grand mitote, à cause duquel il vous est impossible de voir qui vous êtes vraiment.
En Inde, on appelle le mitote maya, ce qui signifie illusion.
C’est l’idée que se fait la personnalité du Je suis.
Tout ce que vous croyez à propos de vous-même et du monde, tous les concepts et les programmes que vous avez en tête, tout cela est le mitote. Nous ne pouvons voir qui nous sommes vraiment, ni même que nous ne sommes pas libres.

C’est pour cela que les humains résistent à la vie.
Etre vivant est leur plus grande peur.
Ce n’est pas la mort, mais le risque d’être vivant et d’exprimer qui l’on est vraiment qui suscite la peur la plus importante.
Etre simplement soi-même, voilà ce que l’on redoute le plus.
Nous avons appris à vivre en nous efforçant de satisfaire les besoins d’autrui, à vivre en fonction du point de vue des autres, de peur de ne pas être accepté et de ne pas être assez bien à leurs yeux.
Au cours du processus de domestication, on élabore une image de ce qu’est la perfection afin d’essayer d’être toujours comme il faut. On crée une image de ce que l’on devrait être pour être accepté par tout le monde. En particulier, nous nous efforçons de plaire à ceux qui nous aiment, comme papa et maman, nos grands frères et sœurs, le prêtre et nos professeurs. En essayant d’être comme il faut à leurs yeux, on construit cette image de perfection à laquelle il est impossible de se conformer.
Nous avons créé cette image, mais elle n’est pas réelle.
Nous ne serons donc jamais parfaits, de ce point de vue là. Jamais!

N’étant pas parfait, nous nous rejetons.
Le degré de rejet de soi dépend de l’efficacité avec laquelle les adultes ont réussi à détruire notre intégrité. En effet, une fois le processus de domestication achevé, il ne s’agit plus d’être comme il faut aux yeux des autres; désormais, nous ne sommes pas comme il faut pour nous-mêmes, faute de correspondre à notre propre idée de la perfection. Nous sommes incapables de nous pardonner de ne pas être tels que nous le souhaitons, ou plutôt tels que nous croyons devoir être.
Nous ne nous pardonnons pas de n’être pas parfaits.

Nous savons que nous ne sommes pas comme nous croyons devoir être, aussi nous sentons-nous faux, frustrés, malhonnêtes. Nous essayons de nous dissimuler, en prétendant être qui nous ne sommes pas. Résultat: nous manquons d’authenticité et nous portons des masques sociaux pour éviter que les autres le remarquent. Nous avons une telle peur qu’on découvre que nous ne sommes pas qui nous prétendons être.
Naturellement, nous jugeons aussi les autres d’après notre idée de la perfection, et bien entendu ceux-ci déçoivent toujours nos attentes.

Nous allons jusqu’à nous déshonorer, simplement pour plaire à autrui. Parfois certains abîment même leur corps pour être acceptés par les autres. On voit des adolescents prendre de la drogue pour ne pas être rejetés par leurs copains. Ils ne sont pas conscients que leur vrai problème est de ne pas s’accepter.
Ils se rejettent eux-mêmes faute d’être ce qu’ils prétendent être.
Ils souhaitent être comme ceci ou comme cela mais, puisque ce n’est pas le cas, ils se culpabilisent et ont honte.

Les humains se punissent indéfiniment, à défaut d’être ce qu’ils croient devoir être.
Ils se maltraitent constamment, et se servent aussi des autres pour se faire du mal.
Mais personne ne nous maltraite plus que nous-mêmes, car ce sont le Juge, la victime et le système de croyances qui nous poussent à agir ainsi.
Bien sûr, les gens diront que leur mari ou leur femme, leur père ou leur mère, leur ont infligé des mauvais traitements, mais vous savez comme moi que nous nous automaltraitons encore plus. La manière dont on se juge est la plus sévère qui soit. Lorsqu’on commet une erreur en présence d’autrui, on essaye de la cacher ou de la nier. Mais dès qu’on se retrouve seul, le Juge devient si puissant, la culpabilité si forte, que l’on se sent stupide, mauvais ou dénué de valeur.

Au cours de votre existence, personne ne vous a jamais davantage maltraité que vous-même.
Et les limites que vous mettez à vos propres mauvais traitements envers vous-même sont exactement celles que vous tolérez de la part d’autrui. Si quelqu’un vous maltraite un peu plus que vous-même, sans doute le fuirez-vous. Mais s’il fait un peu moins que vous-mêmes, vous continuerez probablement cette relation et tolérerez cette situation indéfiniment.

Si vous vous maltraitez terriblement, vous pouvez même supporter quelqu’un qui vous bat, qui vous humilie et vous traite comme moins que rien.
Pourquoi? Parce-que, dans votre système de croyance, vous vous dites: je le mérite. Cette personne-là me fait une faveur d’être avec moi. Je ne suis pas digne d’amour et de respect. Je ne suis pas assez bon(ne).

On a besoin d’être aimé et accepté par autrui, mais on est incapable de s’aimer soi-même.
Plus on a d’amour propre, moins on se maltraite.
Se maltraiter provient d’un rejet de soi, celui-ci résultant d’une image de la perfection à laquelle il est impossible de se conformer. L’idée qu’on se fait de la perfection est la raison du rejet de soi-même; c’est à cause d’elle qu’on ne s’accepte pas tel qu’on est, ni les autres tels qu’ils sont.

Prélude à un nouveau rêve

Vous avez conclu des milliers d’accords avec vous-mêmes, avec les autres, avec le rêve de votre vie, avec Dieu, avec la société, avec vos parents, votre conjoint, vos enfants.
Mais les plus importants sont ceux que vous avez passés avec vous-même.
Au moyen de ces accords, vous vous dites qui vous êtes, ce que vous sentez, ce que vous croyez, et comment vous comporter.
Le résultat est ce que vous appelez votre personnalité.
Dans ces accords, vous dites: Voilà ce que je suis. Voilà ce que je crois. Il y a des choses que je peux faire, d’autres non. Ceci est la réalité, cela est imaginaire; ceci est possible, cela est impossible.

Un seul de ces accords ne pose guère de problèmes, mais nombreux sont ceux qui vous font souffrir et échouer dans la vie.
Si vous voulez connaître une existence faite de joie et de plénitude, il vous faut trouver le courage de rompre ceux de vos accords qui sont fondés sur la peur, et revendiquer votre pouvoir personnel.

Les accords dérivés de la peur nous font dépenser énormément d’énergie, tandis que ceux qui découlent de l’amour nous aident à conserver cette énergie et même à en avoir davantage. »

Les quatre accords toltèques – la voie de la liberté personnelle – Don Miguel Ruiz
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