Tout désapprendre pour tout réapprendre

Je m’excuse pour cette longue absence,
les mots sont difficiles à trouver,
temps de recul,
temps de repos,
intense repos,
se remettre de ce voyage, si intense,
éclairant, éprouvant.
Se reposer…

Avant de reconstruire.

Désapprendre, faire le vide.

Et réapprendre.

Je suis dans l’attente de cette impulsion qui tend à se manifester de plus en en plus fortement, l’impulsion pour agir, enfin.
L’action semble si grande, si étendue,
comment, comment en trouver le début ?
Quand il s’agit ici d’une toute autre manière de vivre,
celle que je ne connais pas,
celle du je-ne-sais-pas
tout en sachant beaucoup, autrement, différemment, intuitivement.
Il ne s’agit plus de vouloir,
il ne s’agit plus de faire,
il s’agit d’être.

Mais comment être quand tout autour n’est que faire,
quand tout autour nous rappelle cet enfer dans lequel l’humanité s’est plongée ?
Voir cet enfer avec une lucidité si difficile à porter,
insouciance perdue, innocence retrouvée.

Savoir qu’il existe un paradis, aussi, sur cette terre,
sentir que d’autres font partie de ce paradis, œuvrent pour lui aujourd’hui
et depuis tant de temps, depuis tant de temps !
Retrouver rencontrer ces frères, frères de cœur,
bâtisseurs du paradis, porteurs de ce paradis,
porteurs de ce cœur, cœur de l’humain ardent, éclairant,
qui n’ont jamais, jamais pu se résoudre à cet enfer subi !

Mais ces frères, porteurs du futur, porteurs d’amour,
où sont-ils ? Je peine à les trouver, je peine à les rencontrer,
je peine surtout à oser, oser,
franchir, cette ultime barrière,
dévoiler, se dévoiler, échanger, partager,
solitude immense, douleur intolérable alors même que je puis sentir leur existence,
leur présence, réchauffante, éclairante.
Mes frères de cœur, mes âmes sœurs, sachez que je sens votre présence,
que je me sens reliée, plus que jamais !

Car ce cœur n’est rien, rien, si l’Autre ne vient l’éclairer et se laisser éclairer !

Je me ressource, dans ces temps de véritable présence,
présence silencieuse,
vibrations guérisseuses,
et voilà que les mots s’en-mêlent, et les vieux réflexes et les vieilles barrières,
je ne veux plus de tout cela,
juste être, moi, comme je puis l’être dans cet état de grâce, de silence,
où je vois l’humanité magnifique qui s’éveille, qui s’élève,
l’Amour, l’Amour !
Trouver les mots, les mots justes, loin de tous ces mots qui mentent,
loin de toutes ces défenses rationalistes qui chercheraient à tout expliquer, qui fonctionnent selon des modes de raisonnement absurdes, tellement absurdes ! … face à cette immensité que je ne saurais citer.
Les mots mentent, les mots mentent !
Et pourtant les mots me manquent…

Durant ce long moment d’absence,
j’ai commencé tout juste à Vivre,
j’ai commencé tout juste à Être humain.
Voilà en quoi consiste mon voyage : devenir humain,
humain, pleinement, véritablement, Humain, dans toute sa beauté, dans toute sa grandeur,
une grandeur oubliée !
Une beauté voilée !
Je crois qu’on a oublié ce que c’est d’être humain : nos besoins, nos envies, nos possibilités, nos valeurs, notre amour.
Tout, tout, tout à réapprendre, avec encore tous ces freins issus d’années d’absence d’humanité.
Issus d’apprentissages erronés.

Solitude forcée pour redevenir humain mais partage obligé pour être humain.
Dure solitude, difficile solitude dont je porte seule la responsabilité !
Et je voudrais vous dire que j’ai besoin d’échanger, au delà de ces textes qui ne sont que formalité, je ne puis supporter cet écran qui me voile, qui vous voile !
Qui es-tu toi ?
Te sens-tu seul, comme moi ?
Doutes-tu constamment, comme moi ?
Vis tu la vie intensément, comme moi ?
As-tu mal, tellement mal, souffrance intolérable, de ne pouvoir exprimer tout cet amour, gigantesque qui tantôt te terrasse, tantôt t’emporte, te transporte et rayonne tout autour de toi ?
En as-tu assez de tous ces mots savants dont on t’a affublé qui te maintiennent plus bas que terre, toi qui te sens relié au ciel ?

J’en ai assez d’écrire ici, d’être ici ce que je ne suis pas, cachée derrière ces mots stériles quand je veux vivre la vie.
Et pourtant aussi, je veux te dire, je veux te dire et partager ces choses qu’on ne dit pas.
Toutes ces choses qui viennent à moi et que je n’ose dire, encore.
Je suis le témoin, le témoin d’un trésor sacré encore non dévoilé mais qui cherche à percer !
Je suis le témoin d’une enfance saccagée, témoin de tant de violences, tant de violences envers ce cœur qui pleure, et je peux l’entendre hurler et j’ai mal, je ne puis tolérer ce cri, je ne puis tolérer ce cri, âmes damnées qui cherchent à se libérer.
Je suis témoin d’éveils multiples de ce cœur, de tentatives d’exprimer ce cœur, constamment malgré toute cette violence et qui peinent, qui peinent tant.
Et je tangue, je tangue, tantôt dans la foi et l’amour que je sais être les valeurs justes, capables de tous les possibles, tantôt dans le désespoir le plus profond, celui qu’on m’a transmis aussi, et qui pèse encore lourd sur mes épaules, désespoir ambiant, désespoir constant même si certains ont appris à vivre avec, à le temporiser avec ces phrases que j’exècre depuis toujours : “et oui ma foi, les choses sont ainsi…!”
Non ! Non !
Les choses ne sont pas ainsi, la vie est mouvement, cette violence ne m’a jamais été naturelle, ces cris, ces cris, je sais que toi aussi, tu peux les entendre comme moi et j’ai besoin d’échanger avec toi sur cette difficulté-là, aussi.
Afin de pouvoir se nourrir, mutuellement, se nourrir de cet amour qui nous relie,
et nous ramène à ce qui est juste, juste.
Êtres humains, nous sommes des êtres humains, nous aspirons à devenir Humain depuis que nous sommes nés.
Ne soyons plus des victimes !
Parce que nous ne parvenons à faire,
parce que nous ne parvenons à user de la violence,
nous avons la plus grande des forces, l’Amour.
Et cet amour a besoin de confiance mais surtout, d’union, il a besoin de nourriture et je sens cette nourriture tout autour et j’espère trouver la force de m’autoriser à venir m’y ressourcer, à venir vous rencontrer.

 

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8 réflexions sur “Tout désapprendre pour tout réapprendre

  1. Quelle joie de te lire. Et quelle texte! Je suis avec toi et partage tes maux et mots. Même si elle ne suffit pas, l’écriture permet de nous reconnaitre, nous trouver. Pendant que les paroles s’envolent, les ecrits restent. Ne perdons pas espoir, continuons le combat qui, je l’ai apris, n’est pas vain.
    W.

    • Merci W., contente de te retrouver ici ! 🙂
      Et ça c’est sûr, je ne perds jamais espoir, l’espoir est mon moteur !
      J’ai beau avoir des difficultés, je ne me suis jamais sentie aussi vivante et aussi heureuse de toute ma vie !

  2. Bonjour Elise, il y’avait bien longtemps en effet…

    D’après moi, ce sont les difficultés de la vie qui la rendent intéressante.
    Tu n’es pas seule à mener ce cheminement.
    Sur ce chemin, moi, j’y ai trouvé plein de belles choses.
    La vie est une source infinie de bonheur et de plaisir.
    Il faut juste changer de regard et voir toujours plus loin…

    A bientôt

    Le Phoenix 😉

  3. Bonjour Cédric ! 🙂

    D’après moi, ce ne sont pas les difficultés de la vie qui la rendent intéressante, il est des « difficultés » que j’ai connues absolument intolérables : se retrouver allongé par terre, dans le noir le plus complet, en étant éveillé et conscient, sans pouvoir bouger ou même parler, des heures durant.
    Ces moments-là ne m’ont pas rendu la vie intéressante mais m’ont ouvert le cœur encore plus, m’ont appris, appris la tolérance, appris ce que c’est d’écouter, ces moments-là ont été des moments de guérison profonde, de ces carcans dont je me suis affublée, de ces blessures que j’ai reçues, de ces blessures que j’ai données, aussi.

    Et dans ces moments-là, je savais plus que jamais, que la vie était pourtant belle, qu’il faut voir les choses du côté positif, etc. et c’est ce savoir-là qui me mettait plus à terre, de me voir ainsi par terre en toute déraison.
    Cette déraison-là est autre chose, c’est ce qui se passe, là, dans le cœur, profondément, et sur lequel on ne saurait mettre de mots, simplement recevoir alors le cœur qui s’ouvre, recevoir de l’Autre, en face, qui a su, non pas mettre des mots, raisonner, sermonner mais seulement tendre la main et ouvrir son cœur à son tour.
    Ces moments-là ont été d’une grande beauté, en effet, inestimable.

    Mais ce qui rend ma vie magnifique, c’est le sacré qui tend à prendre corps dans chacune de mes cellules, la beauté que je sens tout autour, l’Autre qui m’apaise, me réconforte, me transporte et m’aime de tout son cœur, en l’occurrence mon mari qui m’a offert son cœur mais l’Autre aussi, que je sens, tous ces êtres cheminant.

    Oui, c’est ce bonheur qui tend à prendre toute la place et se fait toujours plus présent, celui-là qui rend ma vie magnifique, celui-là que je nourris chaque jour et qui grandit, grandit !
    Ce qui rend ma vie intéressante aujourd’hui, c’est de changer tout ce qui était devenu habituel, changer mon regard sur tout, d’élever mon fils comme j’ai toujours voulu, dans le plus grand des respects, au sein d’un foyer aimant, sans punition ni récompense, en totale cohérence avec sa double nature, divine et humaine ; c’est de découvrir qu’il y a une autre manière de s’aimer, avec mon mari ; c’est de découvrir qu’il existe une autre manière de vivre plus juste, en accord avec soi-même, en accord avec notre besoin de spiritualité et de sacré, écouter les messages, se rapprocher de la nature, s’autoriser à être sans s’affairer à mille à l’heure.
    Et ce, malgré les difficultés qu’il me reste encore, à m’autoriser à mettre en place tout cela, m’autoriser à me faire confiance dans cette autre vie qu’il est tout à fait possible de vivre, qu’il m’est enfin permis de vivre et de transmettre, aujourd’hui.

    J’en profite ici pour m’excuser pour un commentaire que j’avais fait sur ton site et qui se fondait justement sur la raison, cette manière de sermonner, d’inviter à la raison que je tends à délaisser, en tous cas, pour un temps, jusqu’à ce que je trouve les mots justes. Exhorter l’autre à faire ce qu’il sait déjà n’aide pas, surtout quand cet autre a simplement voulu partager un état d’âme. 😉

    A très bientôt Cédric et merci pour ton commentaire qui m’a permis mettre en place cette réflexion ! 🙂

    • Bonjour Elise

      Je ne pensais pas que tes souffrances aient été si intenses. Les miennes ne sont rien comparées aux tiennes et
      ma réflexion ne s’adapte donc plus à ton contexte. Désolé si cela a fait remonter des douleurs enfouies…

      Le côté positif de cela est que malgré la puissance de la souffrance, il est possible d’aimer la vie, possible d’y reprendre gout..
      Et peut être même que c’est la souffrance qui permet de mieux comprendre la douceur de la vie…

      En espérant ne pas être dans le faux… cette fois…

      A bientôt.

      • Ne soit pas désolé Cédric !! 😉
        Et aucun soucis, mes douleurs sont bien déterrées donc pas de risque de les faire remonter à la surface ! 😀
        Et tu n’es pas dans le faux bien sûr, je te partageais juste un état d’âme personnel !

        A bientôt le Phoenix et merci de venir échanger ici ! 🙂

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