L’humain sur la voie d’une conversion spirituelle

Voici un texte écrit il y a bien longtemps, que je n’avais pas terminé à l’époque, le texte s’était arrêté à « la lutte » ! 😀
J’ai enfin pu le terminer. 🙂

Je voudrais parler de l’humain qui doute, qui se questionne, qui réfléchit, qui souffre, qui déteste, qui se met en colère, qui ressent, qui pressent, qui a peur, qui aime, chaque jour.

Je voudrais témoigner de cette profonde remise en question qu’il peut vivre à un moment de sa vie, au cœur d’une grande souffrance, au cœur d’une grande histoire d’amour, au cœur de son être dont il pressent qu’il a quelque chose à lui dire.
Je voudrais parler de l’humain qui croit, qui espère, qui voit la lumière.

Je voudrais parler ici de la foi.

L’être humain peut être amené à vivre une “conversion spirituelle” pour reprendre le terme du philosophe Georges Bastide qui a écrit un livre du même nom.
Je vais commencer par définir de manière trop succincte ce que j’entends par “conversion spirituelle”. Ce terme mériterait un livre entier, je m’inspirerai librement du livre de Georges Batiste pour définir sommairement cette conversion et même pour la suite de cet article.

Par “conversion spirituelle”, j’entends le passage chez l’humain d’une manière de voir le monde, de valeurs anciennes à un nouveau rapport au monde avec de nouvelles valeurs.
Le passage d’une vision dichotomique, morcelée, tiraillée, individualiste à une vision unifiée, un ressenti profond d’unification, de vision globale, profondément différente du monde.
La conversion dont je parle ici n’est pas l’adhésion à telle théorie en vogue mais plutôt un bouleversement de l’être humain dans sa globalité.
Beaucoup ont témoigné de ce qu’ils appellent également, une sorte de renaissance.

Cette vision, cette renaissance est l’aboutissement d’un long processus (ou pas ? :-)) de la conscience qui passera par différentes phases, lentement, difficilement aussi (ou pas ? :-)), ce sera le passage d’une “foi native”, pour reprendre les termes de Georges Bastide, à une autre foi, la “foi convertie”.

La “foi native” serait donc cette manière d’être au monde première, cette période où une certaine partie de la conscience serait “en sommeil”, ce moment où l’on vit, simplement, s’attelant à la tâche de vivre, se divertir, se former, trouver un travail, fonder une famille.

Peut-être, ou plutôt, certainement cette “première vie”, cette première manière d’être au monde sera-t-elle ponctuée de débuts de prises de conscience.
Cet humain qui se questionne de plus en plus, dont le questionnement, la quête et le doute prennent de plus en plus de place va entrer alors dans une lutte constante source de grande souffrance. Cette personne-là, la personne sensible, aime démesurément, elle est en colère aussi, elle se remet tout le temps en question et commence à remettre en question des vérités établies.
Dans la poursuite de sa connaissance, elle commence à se rendre compte qu’il n’y pas une vérité mais mille vérités, que dans chaque théorie, on trouve le pour et le contre. Elle ne parvient plus alors à voir le monde clairement, à l’ancienne manière, de manière catégorique, classifiée, cette manière dichotomique, qui fonctionne par opposition/exclusion. Elle commence à percevoir le tout dans le particulier, le vrai dans le faux, le faux dans le vrai et tout cela est profondément déroutant, tout cela lui paraît être pure folie.

L’impression de folie

La frontière devient moins nette entre le réel et l’imaginaire : les contes, les rêves, les mythes semblent être la réalité.
L’impression, la perception d’être différent des autres, qui renforce ce sentiment de folie.

La perception d’une immensité inappréhensible, trop grande, trop confuse

Les frontières deviennent floues et dans le même temps, la réalité s’agrandit, la conscience s’élargit tant, que cette perception ne peut plus être appréhendée par l’ancien mode de fonctionnement de la raison.

“La conscience malheureuse”

Et puis, si ce cette personne est allée plus loin, si elle poursuit ce chemin de questionnement, de remise en question, elle va commencer à entrer en son cœur et ce qu’elle va y trouver va être très douloureux : de l’agressivité, de la colère, de la douleur, un énorme amour, aussi, de la rage, une énergie, une si grande énergie, l’impression de ne plus pouvoir continuer ainsi, à vivre ainsi, selon cet ancien fonctionnement.
Le divertissement, l’agitation permanente, les informations aliénantes, la télévision, les grands magasins, la société de consommation.

La sensation de quelque chose autre, différent, qui est réel, qui doit être pris en compte et la sensation que la vie réelle, cette ancienne vie a aussi sa place.

Il est très difficile ici de décrire la richesse de ce ressenti qui peine à s’écrire, à se décrire, se catégoriser, on le comprend bien, de par sa nature même. Ici, ce n’est qu’une brève tentative de description. Et il faut garder à l’esprit que certaines choses dans ce processus ne seront pas encore parvenues à la conscience. Elles seront restées à l’état de perception, intuition, ressenti.

Ici nous arrivons à un point crucial. La personne va se blâmer, lourdement. Se détester d’être si égoïste, matérialiste, de se divertir, de n’avoir pas de vraies valeurs, d’avoir mené une vie qui manquait de profondeur, de sens.
Mais il y a autre chose… Ce sentiment profond de désespoir, de grande confusion.

La lutte

Ici va alors commencer une lutte épuisante, celle de la foi native et celle de la foi intuitive, c’est-à-dire en quelque sorte la foi convertie pressentie mais non amorcée.
La perception, l’idée de la foi convertie se fait de plus en plus pressante et en même temps, le changement qu’elle suppose ou plutôt, précision d’une extrême importance, qu’on croit qu’elle suppose, fait extrêmement peur.
L’humain, confronté à son “ancien lui-même” et confronté à la réalité de la foi native que lui renvoie la plupart des autres (et qui le mettent face à des peurs qu’ils partagent), se sentira en faute, fou, différent, fragile, faible, malade. Et son corps sera là pour lui rappeler : il déprime, fatigue vite.

Il sera alors tenté ici de stopper le processus si douloureux, si étrange, dangereux : il faut que j’arrête de me prendre la tête, il faut que je soigne ma dépression, que je revienne dans la vie réelle. Ne suis-je pas en train de devenir fou?

Non, à part si tu décroches, si tu quittes le navire, si tu perds cette confiance que tu as fait grandir en toi, ici tu ne deviens pas fou, tu t’ouvres, tu t’ouvres et la foi s’installe en toi.
Tu peux sentir désormais ta flamme, vive, chaude, chaleureuse, celle qui je te le rappelle, au début te montrait une toute petite lueur.
Le blâme se transforme en amour, ta culpabilité en responsabilité, ton grand savoir en une immense incertitude, incertitude portée par la foi, incertitude qui te permet cette ouverture magnifique : ouverture de ton cœur, épanouissement de tout ton être, paix profonde, sérénité, Vie.

Et ici des frissons me traversent…
Serait-ce les anges ?
Serait-ce dieu ?
Ce que l’on nomme de manière si confuse “énergie” ?
Serait-ce mon cœur ?
Serait-ce l’Autre ?
Serait-ce l’Amour ?
Serait-ce tout à la fois ?
Toi, moi, Lui.
Ici, j’entre dans ce je ne sais pas
et j’accepte enfin de me laisser guider,
toucher, éclairer.
Transmettre la lumière que je porte si fort en moi.

Dans ton cœur, au centre de toi-même,
au centre de la terre,
ici où la lave bouillonne,
où le feu rayonne.

Tu es au contact permanent de cette flamme,

tu connais ton centre,
tu peux t’y rendre autant de fois que tu le souhaites,
chaque fois que tu t’es éloigné un peu trop,
et ce lieu est un lieu d’une paix indescriptible.

Tu te demandes quelle est la nature de ce lieu, pourquoi, comment ?

Et tu te rappelles tout ce que tu as lu, tout ce qu’on t’a transmis mais tu ne te perds plus en arguments, en raisonnements, tu ne rejettes plus rien, tu n’adhères plus à rien, tu ÉCOUTES : ce sont peut-être des anges, c’est peut-être Dieu, peut-être les ancêtres.

Mais ces mots sont sans importance n’est-ce pas ?

Quand ce qui importe c’est d’y être, de le sentir, de l’écouter, de pouvoir s’y ressourcer à loisir.
Ici tout n’est qu’amour et cet amour est en moi, en vous, en nous !
Puissiez-vous vous laisser toucher par cet amour, puissiez vous vous autoriser à entrer à son contact !

 

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4 réflexions sur “L’humain sur la voie d’une conversion spirituelle

  1. Et aimons notre corps éperdument 🙂
    Merci pour ce texte très juste. Je dirait aussi que dans une telle transformation les mots doivent aussi changer. Malheur, dépression, peur, stress, angoisse ne doivent être plus pensés, dits, écrits. C’est l’Homme , et non la nature, qui les a inventé. Soyons plus légers!
    W.

  2. un très joli texte et c’est vrai que l’on se pose beaucoup de questions sur la foi et croire c’est se rattacher à qq au dessus de nous qui est là pour nous aider

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