Stockholm syndrome, partie 1

Mes chers amis, lecteurs réguliers ou occasionnels ou toi qui passes par là par hasard, je vais publier ici plusieurs épisodes d’une série écrite ces dernières semaines qui ont été sacrément tumultueuses et merveilleuses, mélange de libérations et de résistances, voyage fabuleux, encore, au cœur même de l’humain, avant même que je n’écrive le texte sur la guérison.
Mes découvertes vont au delà de mes espérances, je brûle de partager tout cela avec vous, comment, sous quel forme, avec quels mots, quand ?
Ça prend forme petit à petit.

Je bosse dur mes amis, tel le scientifique qui passe ses journées dans son laboratoire à explorer le vivant, je me sens l’âme d’un mystique travaillant dans son laboratoire intérieur, sans relâche, à chaque instant, dans chaque scène du quotidien qui prend sens désormais dans ma quête.

Ces dernières semaines donc, ces derniers jours, j’ai vécu des libérations intenses, physiquement, j’ai vu, j’ai “su”, tel un explorateur émerveillé de trouver des trésors qu’il désespérait de trouver.
Enfin.

Et bien figurez-vous que ces libérations et “visions” majeures ont été suivies d’une sorte de stockholm syndrome au sein de ce que je nomme “ma prison”.
En fait, ce va-et-vient se fait depuis le début mais là, l’avancée était telle…! Le « recul » alors se fit en conséquence…
Brusque, monumental retour en arrière, éclairant, très éclairant, de ces choses que je croyais finies depuis longtemps et qui sont revenues pires encore, si c’était possible…
Dernier tour d’horizon avant la guérison, la sortie de prison.

C’est terrible non de voir ces angoisses, ces comportements, totalement irrationnels, sur lesquels on a réfléchi une bonne partie de sa vie, ces problèmes, qu’on a tournés dans tous les sens qui, dans ces moments où tout dégringole, ressortent en une sorte de cri désespéré du : “putain mais je SAIS je SAIS et pourtant, pourtant, c’est là, c’est là et je ne sais pas pourquoi bon dieu, je ne sais pas pourquoi et j’ai beau apprendre, décortiquer, cheminer, dans ces moments je n’ai plus aucun contrôle et je ne comprends rien et tout cela revient…”

Je vais vous parler alors de ma prison que j’ai appris à connaître sur le bout des doigts, que j’ai visité dans les moindres recoins.

Mais avant de partager avec vous les milles et une expériences vécues ces dernières semaines et ce que je commence enfin à en comprendre un petit peu, aux côtés du je ne sais rien qui demeure, encore et me permet de modeler à chaque instant ma vie et mes pensées, je vous livre ce premier jet, brut, sincère, du récit écrit sur le moment, de ma prison vécue en direct (oui, je plongeais dans les entrailles de mon enfer, bien malgré moi bien sûr, et dans des moments de calme, j’écrivais ce texte), en plusieurs épisodes, parce que c’est long…

Vous êtes au sein de votre prison.
Vous croyez que vous ne détenez pas les clefs.
Vous vous croyez condamné à perpétuité.
C’est une évidence pour vous, quelque chose que vous avez accepté il y a bien longtemps.

Avez-vous déjà eu cette sensation d’étouffer, ce besoin d’air, l’impression d’être enfermé, oppressé, là, dans la poitrine, la gorge serrée, le couteau sous la gorge ?

Je n’ai pas le choix. Les choses sont ainsi.
Crises d’angoisses à répétition, envie de mourir, coups de folie, cela vous-est-il arrivé ?
Ou peut-être à votre frère, votre mère, votre voisin, vous avez eu vite fait de vous détourner,
peut-être ce fou, ce dépressif, cet angoissé a trouvé un écho en vous.

Ou bien votre gorge est-elle prise, régulièrement, votre nez bouché, peut-être même sentez-vous votre corps tout rigidifié, peut-être avez-vous terriblement mal, ou encore peut-être sentez-vous l’urgence.

Vous avez préféré oublier.
Vous vous sentez fort, fort de tout contrôler, de cette dureté qui vous permet de ne pas flancher. Vous affichez un sourire impeccable, un bronzage et une musculature parfaite, il vous semble que cela vous rend heureux, alors même que vous sentez ce quelque chose qui hurle en vous, peut-être ne l’entendez-vous même plus, peut-être votre regard est-il vide, absent, pour un temps.

Je ne sais pas grand chose, mais il y a ces questions que je me pose, constamment et l’urgence aussi de témoigner, vous parler de ma prison.
Quelle est la vôtre, à quoi ressemble-t-elle ?

***

Sûrement a-t-on commencé à vous accorder des autorisations de sortie.
Vous goûtez à cette liberté, vous inspirez l’air à plein poumons, les angoisses, la douleur et les soucis s’envolent, plus de murs, à la place du plafond le ciel infini, le mouvement, la joie de courir, la joie de crier, plus de frontières.
L’espace de ce jour.
De ces jours.
On vous en accorde régulièrement maintenant.
Au début déjà cette liberté avait été difficile à vivre, mélange d’euphorie merveilleuse et chape de plomb infernale une fois retourné dans vos murs.
Mais si, rappelez-vous : l’espace d’un instant, au dehors, en voyant l’espace immense et le ciel, vous aviez cru que vous pouviez voler. Vous vous étiez écrasé sur le dur et gris pavé de votre prison, suivis des coups de bâtons des matons.

Cette autre fois, angoisse atroce de vous retrouver face à cet excès de lumière, sans mur ni barrière pour vous retenir, pour vous contenir.
Sensation de vertige face à cette immensité.

Mais surtout le doute avait commencé à germer en vous, à force de sorties répétées.
Début d’une réflexion sans fin, peut-être tournez-vous en rond.

Vous êtes parti mener l’enquête,
c’est le début de votre quête, la quête de votre Vie.
Alors, en route, allons-y, allons regarder de plus près les murs de cette prison, je vous fais l’honneur – l’horreur…! – de pénétrer dans la mienne…

***

Qui détenait les clés ?
Qui me maintenait en prison ?
Pourquoi étais-je en prison ?
D’autres étaient-il en prison comme moi ?
Pouvais-je imaginer en sortir ?
Avais-je le droit à cette liberté ?
En étais-je capable ?

En attendant cette liberté tant désirée, les bouffées d’oxygène, de lumière avait révolutionné mon monde, ma prison.
Grands travaux de rénovation : les murs avaient été repoussés, l’espace agrandi, puits de lumière installés un peu partout et même plantes vertes et animaux étaient entrés animer mon simulacre de liberté.
Les sorties se poursuivaient et ramenaient leur lot d’euphorie, d’angoisses et de doutes.
J’allais et venais avec mes réaménagement intérieurs qui s’accéléraient et apaisaient mon angoisse et ma dépression.
Pour un temps.
Mes angoisses et ma profonde souffrance de ce lieu fermé, sombre et sclérosé revenaient toujours plus avec force.

Jusqu’à me décider, un beau jour, à me libérer.
Oh on dit toujours dans les livres et les conversations, “ce jour où…”, non en vérité ce n’est pas un jour mais plusieurs longs jours d’hésitations, de doute et de dépression qui, à force de se présenter encore et encore à moi m’ont finalement décidée.
Mes sorties répétées m’avaient appris à m’habituer à cette abondance de lumière, à l’immensité de l’espace, au lien avec les autres, au dehors, les hommes, la nature et la terre.
Les angoisses du début, l’euphorie avaient laissé la place à une joie jamais connue auparavant.
Ce que j’apprenais de mes voyages là-bas, hors de ma prison n’avait pas de limites et me portait à en savoir davantage, encore !
Ce savoir aussi avait contribué à cette prise de décision, certes mal assurée, bancale et apeurée, de me libérer pour de bon.

***

Totalement inconsciente alors, je me précipite en courant, tel un enfant innocent, hors du mur d’enceinte courant librement et grimpant, à la vue de tous, j’en prends conscience à ce moment-là.
Il y a beaucoup de monde, des gardes, partout, des codétenus, partout, armés jusqu’aux dents…

Je me retourne : des milliers de mitraillettes (putain ils sont nombreux les cons…!) sont pointées vers moi.

à suivre…

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8 réactions sur “Stockholm syndrome, partie 1

  1. Hello Elise

    Moi je ne parle pas de prison mais de bourreau, il vit là, dans ce même corps.
    Toute mon histoire désormais consiste à ne pas trop lui laisser le contrôle. A force de rechute je le sens arriver maintenant… je reconnais ses pas, et plus le temps passe, et plus je les entends au loin. J’arriver désormais à savoir si il est en colère ou si il est juste de passage..
    Alors, quand il est trop proche, je lui parle, je l’écoute, je suis attentif à ce pourquoi il est revenu, et je lui offre ce qu’il veut, ce qui l’apaise…
    Alors, il repart, pour revenir beaucoup plus tard…

    Non non, je ne suis pas schizophrène 😉

    • Hey salut Cédric, merci de passer par là. 🙂
      Attends mais le (les) bourreau est inclus dans ma prison, attends de lire la suite, tu vas voir. 😀

  2. Coucou Elise, Je vois maintenant la vie comme une danse, une danse entre son soi terrestre (âme terrestre? que certains confondent avec l’ego?) et son âme. Si l’un des deux mène trop la danse, la danse n’est plus juste et s’arrête. Chacun doit être capable de mener la danse par moment et de lachêr prise à d’autre. Je t’envoie par mail une image pour l’illustrer, peut être que ça peut t’aider dans tes recherches? ❤ Je te souhaite d'être dans le coeur de toute chose et avant tout du tien ❤ . Bonne journée à toi.

  3. Coucou,
    moi aussi je vois bien la vie comme une danse (et j’adore danser d’ailleurs).
    Après ce n’est qu’une question de mots, que certains disent « ego », d’autres « âme terrestre », cela n’a pas grande importance pour moi, nos deux parties sont-elles vraiment distinctes ? Ce n’est que pour se comprendre que nous employons ces mots et ces distinctions.

    Et j’adore ton image !!!! D’ailleurs je n’ai jamais vu autant d’arcs-en-ciel dans ma vie que ces derniers temps. 🙂

    Plein de bises à toi ❤

  4. Élise,

    Je sais que nous sommes loins mais je te sens comme une soeur de chemin. J’aimerais que tu tiens ma main si tu as besoin.
    Aussi appelle moi si tu veux sur skype.
    En tout cas, simplement je pense à toi. 🙂 Tu n’est pas seule.
    Comme Solfinia, j’ai pense aussi à la notion de danse. Et pour moi c’est une danse avec Dieu 🙂 parfois je Le suis, d’autres je conduit (petit pas)
    Et d’autres ça fait peur haha
    Quand je sens une pincée de folie , bah, je respire, je pense que je vais mourir ou déclencher une crise… Mais je change le canal de ma ‘radio mentale’ et je pense à d’autres choses, jusqu’à ce que la folie s’endort. Pour l’instant ça marche!
    Bisous
    Aline

    • Bonjour Aline ! 🙂

      Je sais que je ne suis pas seule, je ne me suis jamais sentie aussi « connectée » et aussi bien !
      Ne te soucie pas des mots (les mots dansent, vont et viennent au gré du vent !), je décris ici mon illusion, mon ancien monde que je déconstruit depuis plusieurs années.

      Je suis en train de construire le nouveau, de créer, « mon oeuvre d’art » comme le disent si bien les toltèques et ça n’a plus rien à voir avec l’ancien, la prison, les matons, etc….!

      Je crois que nous avons des habitudes très très ancrées, depuis très très longtemps, je visualise ça comme un sillon assez profond qui a tendance, au début, à nous ramener encore et encore dans le même creux (d’ailleurs je lis en ce moment Rupert Sheldrake qui parle de cela d’un point de vue scientifique, ce qu’il dit résonne avec ce que je ressens). C’est un chemin, des chemins qu’on a en nous tous tracés, bien dégagés, faciles à emprunter parce qu’on les emprunte depuis si longtemps.

      Et puis il y a ces nouveaux chemins qu’on veut emprunter. Au début, c’est une horreur, il y a des ronces, des mauvaises herbes de partout, une végétation, dense, dense, on y voit rien du tout, on se blesse et on est forcé de retourner régulièrement sur le chemin balisé, net, tout tracé.
      Et on y retourne, encore, encore, avec des descentes qui nous ramènent tout droit sur l’ancien chemin.
      Jusqu’à ce que le/les nouveaux chemins commencent, eux aussi à se dessiner de manière claire, tout débroussaillés, tout tracés.
      Ceux là on les a « choisis », en quelque sorte, parce que je crois qu’il y a quelque chose en nous qui nous a poussé à les emprunter.
      Là, le cheminement prend un tournant décisif. On ne va plus passer son temps à lutter, à virer d’un chemin à l’autre, à débroussailler, éreinté.
      Non, là il s’agit de l’aventure de sa Vie. Oui, c’est cela, on chemine alors sur le chemin de la Vie, sur Notre chemin et il nous reste alors tout à découvrir !!!!

      Je t’envoie tout plein de bisous ❤ et merci pour tes mots

      • Cela se passe de la même manière avec les neurones… des nouvelles connexions se créent… puis sont empruntées… Ainsi de nouvelle pensées se forment, un nouvel esprit né

        Et le Phoenix prend son envol!

  5. 🙂
    Hey coucou !!

    Oui, ça me fait penser aux neurones aussi, en effet !!
    Oh quel bel envol…..!
    Ça fait du bien quand même de récolter enfin les fruits, après tant d’années de galères et de sentir que d’autres aussi commencent à en profiter…!!!!!!
    Merci Cédric

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