Stockholm syndrome, partie 3

Stockholm syndrome partie 1
Stockholm syndrome partie 2

Il faut que je trouve un autre moyen.
Mes forces diminuent à force de torture et de coups.
Je connais maintenant les moindres recoins de ma prison sans pour autant pouvoir m’en échapper. Toutes les portes sont fermées. Les murs sont épais, les couloirs nombreux.
A bien y réfléchir, la structure de cette prison ressemble à un labyrinthe.
Tout est cloisonné, surveillé, repéré par un chef, mais qui ?

Aux côtés de cet épuisement pourtant je suis bien différente.
Je suis consciente, j’ai acquis une grande connaissance et j’ai appris à boire à ces petites sources de lumière que sont mes précieux puits de lumière.
Le désir même de liberté fait naître dans mon cœur une lueur, élan de mon cœur qui me donne la force de poursuivre.

Et puis je sens une transformation en moi. Mon regard s’est éclairé et même de plus en plus souvent, les larmes coulent, au côtés de ce vieux pote de cellule, longtemps mis de côté, enfermé dans cette pièce scellée, loin bien loin, bien cachée. J’étais venu l’aider à éponger les eaux qui avaient débordé dans sa cellule, je l’avais entendu cogner, désespérant d’être un jour écouté.
J’étais de plus en plus reliée à tout ce monde duquel je voulais m’échapper, à force de les visiter, je commençais à les connaître et même, à les aimer.
Cela était plaisant et déroutant.

Je découvre même, à ma grande surprise, que certains gardiens éprouvent de la compassion et m’offrent leur épaule pour pleurer.
Ils admirent mon âme de guerrière, saluent ma quête effrénée.
Je commence même à déjouer certains gardiens qui n’en sont plus.
C’est très étrange tant de choses chaque jour se modifient dans ma prison sans que je n’y aie moi-même rien modifié.
Les murs avant gris et épais deviennent multicolores et se sont affinés.
Les gardes ont quitté leurs uniformes et portent robes d’été, foulards bariolés et bijoux colorés…!
Il y a comme un mouvement qui s’est crée en moi et autour de moi.
Je me sens libre, libre d’errer en toute liberté dans ma prison dorée.

Enivrée par cette transformation, toute cette beauté, je tente à nouveau une sortie.
Et là je ne comprends plus, je ne sais plus.
Tout à coup, en une fraction de seconde, voilà que les gardiens avaient repris l’uniforme, le taser et les pistolets.
Les murs minces et multicolores étaient redevenus gris et épais.
Me voilà ligotée, torturée, électrocutée.

Je suis à terre, sans vie.
Je ne ressens plus rien.
Je ne sais plus rien.
Où est la réalité ?
Où est le vrai ?
Comment était-il possible que tout change dans la matière en un instant… ?!

Aucunes larmes, aucun drame.
Juste, rien.

***

Je me réveille titillée par la lumière (encore elle !), je me sens étrangement entourée. Tout est doux, je dirais même que des mains me caressent.

Depuis quand ? Comment ?
Je ne sais rien.

Pas même comment cette lumière et ces “mains” que je ne vois pas mais que je sens, peuvent me faire me sentir aussi bien.
C’est vraiment étrange.
Mais je m’y habitue. Tant de choses ont été étranges depuis le changement de décor jusqu’à cette scène sortie tout droit d’un film de science fiction.

Mais oui, c’est ça… ! C’est comme dans Matrix, enfin, ça y ressemble. Je vois la “matrice” et j’ai une action sur elle.
“Youhouuuuouuuuuuuuuuuu…!!!!
Voilà l’euphorie revenue, je sais comment sortir de ces lieux.
Je découvre mes super pouvoirs.
Je pense tout de suite à m’en servir contre l’enfoiré qui détient les clés.
Je déjoue quelques gardiens avec mon nouveau super pouvoir, au passage, fais un clin d’oeil à mon pote illuminé, ils se sont tous transformés en bisounours…! 😀

Le moment du face à face approche.

Je poursuis ma route, c’est une ascension, il est retranché le bougre, seul, à l’écart de tous, dans sa citadelle dorée, haut perchée !
Essoufflée, haletant et me désespérant d’y parvenir enfin, au terme d’un nombre infini de marches, devenues de plus en plus petites, me faisant presque trébucher et manquer tomber dans le vide, enfin, j’y suis.

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