Stockholm Syndrome, partie 4

Stockholm syndrome partie 1
Stockholm syndrome partie 2
Stokholm syndrome, partie 3

Enfin, ce moment tant attendu du face à face.
Cette scène est étrange, je n’arrive pas à voir sa tête et pourtant quelques flashs fugaces laissent apparaître ce que je crois être…………………. mon visage.
En cet instant flash de conscience fulgurant, dans le silence,

JE SUIS

Je suis choquée, sonnée.
La confusion, la nausée le vertige me font vaciller.
Je m’effondre, encore, le visage au sol avec sa dureté, sa fraîcheur qui maintiennent ce corps qui ne sait plus grand chose.
Sentir le sol sous mes mains, sur mon visage, juste le sol partout sur mon corps, sur mon cœur, meurtris.
Me retenir, me contenir.

***

Je reprends peu à peu mes esprits, il le faut bien.
Comment, comment je parviens à me relever chaque fois ?
Je ne sais pas.
Encore cette fichue lumière, oui.
Mais qui est-elle au fait ?
D’où vient-elle ?
Et tous ces ennuis qu’elle me ramène…
C’est elle encore qui m’a réveillée, m’a guidée, m’a portée.
Pour l’instant cela suffit, je veux demeurer quelques jours tranquille dans ma prison familière.
Je hume tranquillement mes fleurs, je me promène dans les allées, mes chaussons aux pieds.
Il est vrai que je me prends des coups régulièrement mais j’y suis habituée depuis si longtemps.
J’ai développé cette force, cette résistance à tous les coups, toutes les épreuves.
Je m’allonge sur mon canapé douillet devant mon programme télé préféré.
Ça fait du bien de se reposer.

Et cet appel, puissant, insistant prend corps en moi de plus en plus fortement.
Une partie de moi s’accommode si bien des coups, du gris, des murs et des chaînes mais il y a cette autre chose encore.
Ce quelque chose est plus puissant que tout, capable même de percer ma force, mon endurance.
Et ce quelque chose sonne, hurle à mon oreille, cogne dans ma tête, plus fort, ô combien plus fort que les coups !
Mais ce cognement est doux pourtant, puissant mais dieu qu’il est doux !

***

Bon, je suis prête à nouveau.
j’ai recouvré mes forces et surtout j’ai vite fait le tour de ma prison dorée.
L’air pur me manque encore, toujours, les cascades, les rivières, les oiseaux colorées, les arc-en-ciel et les montagnes sacrées.
Oh je me rappelle cette chère chèvre de monsieur Seguin qui m’avait fait tant pleurer petite, allais-je finir moi aussi dévorée par le loup ?

Quelque chose de nouveau a grandi en moi.
Certes, je sens plus les coups qu’avant, je me sens moins forte mais dans le même temps, c’est une autre force qui prend corps en moi.
Tout autour les puits de lumière se sont agrandis. Je peux voir nettement le ciel désormais, oui.
Je sens plus les coups et la torture mais ils se font moins nombreux.
Je commence à prendre conscience de ma toute puissance et de toutes les possibilités qui s’ouvrent à moi.
Je détiens les clés. Je dirige tous les gardiens. J’ai bâti tous ces murs.

Je suis le créateur.

Alors l’euphorie m’emporte, je vole, je vole parmi les nuages et je me sens puissante, si puissante.

Puis le noir complet.

Je me réveille abasourdie avec un mal de tête atroce et trois gardes à mes côtés, les chaînes aux pieds, dans une cellule isolée, minuscule et noire.
“Tu croyais que tu pourrais t’en sortir comme ça, nous berner ? Non mais tu t’es prise pour qui ? Le maître du monde ?”

Tout s’écroule, tout.
Ma cape de super héroïne s’envole et avec elle, les muscles, les super pouvoirs.
Je ne comprends plus rien. Je ne sais rien.
J’en ai assez, je n’en peux plus.
Je m’effondre à terre, tendant mes deux poignets au dessus de ma tête, résignée, implorant d’être menottée sur le champs.

Depuis tout ce temps cette prison était mienne, moi, le bourreau, le juge, le maître de torture.
A cette pensée, je vomis.
Je vomis toutes mes tripes, tremblant, hurlant.

Toute ma garde sécurisée, sécurisante, accourt à mes côtés.
“Contenez-moi, maintenez-moi, enfermez-moi !”

***

Qui suis-je ?
Où suis-je ?
Où est la réalité ?
Qu’est-ce que la réalité ?
Le réel est dehors ? Dedans ?
Ma liberté après laquelle je cours, existe-t-elle seulement ?

Ce questionnement, pire encore que toutes les tortures et les coups reçus auparavant m’achève.

C’en est trop.
J’ai besoin de ne plus penser.
Stop. Arrêt.

***

Stockholm syndrome, partie 5

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2 réflexions sur “Stockholm Syndrome, partie 4

    • Bonjour Flipperine ! 🙂
      Il n’y a aucune règle dans l’art !!!!
      Ce texte a été écrit il y a des mois, en plein dans le présent, c’est un récit symbolique et vécu, c’est un témoignage écrit alors en temps réel, il me permet de témoigner du passé !!!

      Car on peut témoigner du passé tout en se consacrant au présent.
      Je t’embrasse, à bientôt !

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