Extrait journal de bord 04.02.2016

Ces derniers jours m’ont montré à quel point j’étais dure avec moi-même, à quel point j’avais peur d’être moi-même et de l’exprimer.
Ces moments paroxystiques ouvrent les yeux à celui qui n’arrive pas à voir, qui s’entête, qui s’obstine…
Cela m’ouvre un nouvel horizon, empreint de douceur, de plaisir et de légèreté.

Je dois travailler encore et toujours à lâcher prise, à m’aimer, à me faire confiance, faire confiance à la vie, faire confiance aux autres.
Cette douceur, je la désire de tout mon cœur mais elle me fait peur…
Que se passera-t-il si je lâche ma force ? J’allais dire ma volonté, celle qui se cherche ces jours-ci mais… La force et la volonté sont bien distinctes, souvent je les confonds.

Je cherche ma puissance, ma volonté, l’expression de mon désir profond, de mon Être.
C’est alors une force, violente, militaire qui prend le dessus et m’astreint, me contraint, là, derrière ma nuque, telle une bête de somme…
Je perds alors ma lumière, ma joie, mon amour et cette conscience m’afflige plus encore !
Fichu Stockholm syndrome, encore !
C’est la force qui m’a menée jusqu’ici, qui m’a permis de rester debout, de tenir le coup, de ne pas sombrer, de ne pas lâcher, de ne pas quitter cette terre, travailler encore ! D’arrache pied avec courage, force, volonté, toujours ! Ne pas lâcher !
Je sens bien aujourd’hui que tout est différent, qu’il est temps de lâcher, d’aller là où… Mon dieu… Là où je n’ai pas besoin de forcer pour être, pour rester en vie…! il ne s’agit plus de survie mais de Vie, de MA VIE, celle qui vibre en moi, celle que j’aime, celle qui me correspond, celle dans laquelle j’ai toujours cru au fond… Sous toutes ces couches de dureté, de pression, de violence, de punition, elle est là cette douceur, ma douceur, ma candeur, ma beauté, ma lumière !
Quelle chance j’ai de pouvoir exprimer cela, libérer tout cela, quelle chance j’ai d’avoir le choix d’être moi.
Mais quelle honte aussi je ressens d’avoir cette chance quand je sens la souffrance de l’Humain tout autour. Comment oserais-je, moi…?
Qui m’a donné le droit ?
Moi qui ai toujours appris à souffrir, souffrir pour l’autre aussi.

Je découvre aujourd’hui timidement le bonheur, profond, et la compassion.
Celle qui me fait ressentir la peine de l’autre mais sans la faire vivre en moi, c’est tout à fait autre chose…
J’apprivoise enfin ce que je suis, petit à petit, mes ressentis, ma puissance aussi, celle qui me fait encore beaucoup peur. Cette peur profondément humaine qui se dévoile à celui qui guérit, qui est conscient et qui fait peur.
J’ai peur d’avoir peur ô oui !
Ce sentiment est étrange, il m’est presque étranger, comme la tristesse aussi et l’inconfort et toutes ces choses qui se révèlent aujourd’hui dans ce corps en pleine santé, dans cette pleine conscience qui reste encore difficile, peut-être le demeurera-t-elle toujours ?

Le cœur de l’humain est un trésor, un trésor infini !
Sous toutes ces couches, quelles qu’elles soient, quelle que soit leur épaisseur, il est là et demeurera toujours là, intact, lumineux, merveilleux.

Sortir de ces sillons, profonds, empreintes qui demeurent après avoir levé le voile, est un travail colossal ô dieu…! Je me suis dévoilée à moi-même, il me reste le plus difficile… Me dévoiler aux autres.
Et c’est en avançant, dans l’action, dans l’expression de ce que j’ai dévoilé que je vais construire, petit à petit une nouvelle route, celle tracée tout droit devant moi cette fois.
Je la vois nettement aujourd’hui, elle est large, elle est lumineuse, somptueuse, j’ai peur !!!!!!!

Mais c’est le plus noble des travaux et j’ai le choix, choix qui m’effraie terriblement, peur de me tromper, toujours…! Ce bourreau qui nous dit tout et nous contraint a l’avantage de nous mettre dans le repos du choix et de la responsabilité…
Je vais choisir mes conditions de travail :
– Quel rythme ? Besoin de pression pour avancer ?
– Dans quel environnement, dans quelles conditions ?
– Avec quelles personnes ?

Mais surtout…
– Comment est le boss ?
– Est-ce qu’il tient compte des petits pas ?
– Est-ce qu’il valorise mon travail? Ce que je suis ?
– Est-il patient ? Encourageant ? Challengeant ?
– Est-il attentif à mes besoins ? Mes limites ? Sait-il les comprendre ? M’aider à les contourner et les surpasser avec intelligence, vivacité d’esprit et simplicité ?
– Respecte-t-il ce que je suis, ce dont je suis capable, ou cherche-t-il à me faire crouler sous le poids du travail qui incombe aux autres ?
– Valorise-t-il mes dons innés, dont certains sont encore cachés ? Est-il doux et bienveillant dans ces domaines qui me sont moins faciles mais que néanmoins je dois cultiver pour accomplir mon travail au mieux ?
– Respecte-t-il les temps de repos dont j’ai besoin en fonction de ce que je suis et quels qu’ils soient…?
– De quelle manière m’invite-t-il à travailler sur mes projets ? Est-ce une exortation ? Une menace ? une pression ? Est-ce fait avec agressivité, en hurlant ?

Quel est mon boss à moi ?
Qui est le maître des lieux chez moi ?
Comment je veux qu’il soit ?

Mon dieu… j’ai ce choix, oui, j’ai ce choix…! Pourquoi m’effraie-t-il autant…?
La culpabilité… La peur… Là dans mon ventre…
Mon dieu… Mais c’est cela la volonté, celle qui me titille, au creux de mon ventre ! La vraie ! Pas le juge, pas le bourreau, pas celle de quelqu’un d’autre, là, cachée sous cette épaisse couche de peur et de culpabilité !
Ma volonté, à moi, lumineuse, libre, joyeuse !

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