DSM et troubles psychiatriques, vers une nouvelle vision de l’humain – partie 4 –

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Quelques citations, auteurs et réflexions pour entrevoir une autre vision des troubles psychiatriques

Et ici, me viennent à la volée, outre mon intuition grandissante et mon expérience, plusieurs témoignages, citations qui m’ont inspirée dans l’écriture des quatre volets de cet article:

Un guérisseur amérindien, Don Marcelino, que j’ai eu l’immense joie de rencontrer, pour qui le fait de mettre sous médicaments et d’enfermer quelqu’un de “fou” n’a aucun sens chez lui. Dans son pays, on écoute avec respect les faits extraordinaires dont a été témoin cette personne.

Les témoignages aussi des symptômes d’une “montée de kundalini”, terme sanskrit issu du tantrisme  qui désigne l’énergie vitale qui se déploierait dans diverses circonstances, à la suite d’un choc, d’un accident, après un long cheminement, après un long entrainement méditatif, lors de la prise de drogues aussi.
Percée de kundalini qui laisserait entrevoir une conscience élargie, pouvant se manifester par divers troubles, physiques et psychiques qui, dans certains cas, auraient besoin d’être accompagnés pour ne pas sombrer dans la folie ou dans une souffrance corporelle qui pourrait s’éterniser si elle est mal comprise.

Les travaux de grands psychiatres tels Jung, Maslow, Victor E. Frankl, Stanislav Grof et Yves Prigent et tant d’autres que je brûle d’impatience de connaître!

Jung sur l’inconscient collectif, les archétypes, la mythologie, la synchronicité etc.
Viktor Frankl sur la perception du “divin” inscrite en tout humain.
Les travaux du grand Milton Erikson également, sur l’inconscient qui se manifeste au travers de la transe hypnotique:

“L’un des problèmes majeurs de la conscience, telle qu’elle est actuellement faite, est qu’elle exclut souvent tout ce qui est en dehors de son champ d’attention immédiat et tend à croire uniquement en sa propre vérité, selon son humeur du moment. Rien d’étonnant, dès lors, à ce qu’il y ait autant de conflits mortels à l’intérieur de nous et entre individus. A cause de ces limitations, il est important de développer notre conscience (attention accrue et meilleure compréhension de ce qui se passe) en apprenant à établir un lien optimal avec l’inconscient. Pour Erickson, cela signifie autoriser l’inconscient à faire son travail.”¹

Et enfin, Stanislav Grof que je viens de découvrir, en écrivant cet article justement, sur les états modifiés de conscience qui laissent entrevoir une autre réalité de l’humain et surtout, une nouvelle vision de ce qui pourrait bien être la “psychologie du futur”.
Voici de trop courts extraits d’une interview passionnante et avant-gardiste de Stanislav Grof, réalisée par l’INREES que je vous conseille de lire dans son intégralité ici.

“Beaucoup de psychiatres pensent qu’il faut empêcher la manifestation des symptômes. Ma philosophie consiste à travailler avec les symptômes, il s’agit d’aller au plus profond pour s’en débarrasser. Lorsque vous le faites, ce ne sont pas seulement les symptômes qui disparaissent, vous mûrissez au sens ou vous connaissez une ouverture spirituelle, votre hiérarchie de valeurs, votre stratégie de vie changent, il y a un développement de la personnalité quand les tranquillisants tendent au contraire à l’appauvrir. Les fortes doses peuvent transformer les gens en zombie, avec de lourds effets secondaires. Mais le système tout entier tend à cette approche suppressive. En psychiatrie traditionnelle, les catégories « mystique » ou « spirituel » n’existent pas. Toutes les expériences seront tenues pour psychotiques dès qu’elles sortent de la nomenclature.”

“Il faut quelqu’un qui ne dise pas : « vous êtes fou, vous devez vous préparer à l’être pour le reste de votre vie et à prendre des médicaments ! » mais plutôt : « vous traversez une étape délicate d’un processus de guérison et de transformation ». La spiritualité est une dimension légitime de l’expérience humaine, elle lui donne en quelque sorte une signification. Si une personne vit une expérience vraiment intense, elle doit être assistée dans ce travail.”

L’INREES est un institut qui redonne sa place à l’extraordinaire, sans complexes, sans tabous, avec un regard raisonné et ouvert, institut soutenu par de nombreux scientifiques.

N’oublions pas que la maladie, le doute, les questionnements, la confusion sont les prémices d’une naissance à soi-même, d’un retour sur soi libérateur, d’une vision transfigurée du monde:

“Les personnes qui viennent en thérapie se plaignent souvent d’incertitudes, d’ambivalence ou de confusion. Ils sont souvent traités comme des symptômes que le thérapeute est censé éliminer. Mais nous pouvons à présent comprendre qu’ils se trouvent en réalité à une étape préliminaire d’un changement créatif et de la maturation de la personnalité.”¹

Et enfin, je ne résiste pas à la tentation de partager une dernière citation d’une enseignante Reiki (K. Losi, Le reiki), au sujet du sens de la maladie, pas seulement psychiatrique:

“En faisant abstraction des réponses philosophiques ou religieuses, il nous reste une constatation bien qu’amère: la maladie fait partie de nous, exactement comme le dualisme bien/mal fait partie de notre monde. Les principes absolus de bien et de perfection, bien que recherchés depuis le début de l’histoire de l’humanité, n’existent que dans la sphère des idéaux. Cela ne signifie pas s’exposer placidement à la douleur, mais accepter que le concept de l’homme est un étrange mélange de lumière et d’ombre, tendant en permanence à sa propre amélioration.

On peut qualifier de sain l’individu qui, en rapport avec son niveau évolutif, vit une état d’équilibre relatif entre ses conditions intérieures – physiques, psychiques et spirituelles – et les extérieures. S’il change de niveau ou si les circonstances auxquelles il est confronté change, toutes les parties de son être vont s’articuler autour d’un nouveau point d’équilibre, lui aussi temporaire et relatif. La transformation continue est la première loi de la vie et un corps sain sait comment s’autosoigner, s’autopurifier, s’autoprotéger, s’autorenforcer. Nous pourrions définir la santé comme la “flexibilité” du corps dans la mutation de son propre équilibre relatif, et la maladie comme la “rigidité” au changement, le blocage, la stagnation de l’énergie, le refus.

En général, ces résistances se manifestent sur le plan physique, car nous ne les percevons pas consciemment, et c’est donc comme si nous nous retrouvions sans armes pour les affronter. Et comment pourrions – nous le faire sans les voir? Les amener à la lumière de la conscience, cela signifie donner au corps la possibilité d’intervenir. Certes il vaut mieux prévenir qu’attendre que les petits blocages ne deviennent des montagnes insurmontables, toutefois le principe est le même.”

« Out of suffering have emerged the strongest souls
the most massive characters are seared with scars. »

Voir aussi:
La dépression vue autrement – suite – mieux la comprendre

¹ Traité pratique de l’hypnose Milton H. Erickson, L. Rossi, I. Rossi.

Prélude à un nouveau rêve – extrait des quatre accords toltèques –

“Votre esprit tout entier est un brouillard que les toltèques appellent un mitote (prononcez mi-to-té). Votre esprit est un rêve dans lequel des milliers de personnes parlent en même temps, et personne ne comprend personne.
Telle est la condition de l’esprit humain: un grand mitote, à cause duquel il vous est impossible de voir qui vous êtes vraiment.
En Inde, on appelle le mitote maya, ce qui signifie illusion.
C’est l’idée que se fait la personnalité du Je suis.
Tout ce que vous croyez à propos de vous-même et du monde, tous les concepts et les programmes que vous avez en tête, tout cela est le mitote. Nous ne pouvons voir qui nous sommes vraiment, ni même que nous ne sommes pas libres.

C’est pour cela que les humains résistent à la vie.
Etre vivant est leur plus grande peur.
Ce n’est pas la mort, mais le risque d’être vivant et d’exprimer qui l’on est vraiment qui suscite la peur la plus importante.
Etre simplement soi-même, voilà ce que l’on redoute le plus.
Nous avons appris à vivre en nous efforçant de satisfaire les besoins d’autrui, à vivre en fonction du point de vue des autres, de peur de ne pas être accepté et de ne pas être assez bien à leurs yeux.
Au cours du processus de domestication, on élabore une image de ce qu’est la perfection afin d’essayer d’être toujours comme il faut. On crée une image de ce que l’on devrait être pour être accepté par tout le monde. En particulier, nous nous efforçons de plaire à ceux qui nous aiment, comme papa et maman, nos grands frères et sœurs, le prêtre et nos professeurs. En essayant d’être comme il faut à leurs yeux, on construit cette image de perfection à laquelle il est impossible de se conformer.
Nous avons créé cette image, mais elle n’est pas réelle.
Nous ne serons donc jamais parfaits, de ce point de vue là. Jamais!

N’étant pas parfait, nous nous rejetons.
Le degré de rejet de soi dépend de l’efficacité avec laquelle les adultes ont réussi à détruire notre intégrité. En effet, une fois le processus de domestication achevé, il ne s’agit plus d’être comme il faut aux yeux des autres; désormais, nous ne sommes pas comme il faut pour nous-mêmes, faute de correspondre à notre propre idée de la perfection. Nous sommes incapables de nous pardonner de ne pas être tels que nous le souhaitons, ou plutôt tels que nous croyons devoir être.
Nous ne nous pardonnons pas de n’être pas parfaits.

Nous savons que nous ne sommes pas comme nous croyons devoir être, aussi nous sentons-nous faux, frustrés, malhonnêtes. Nous essayons de nous dissimuler, en prétendant être qui nous ne sommes pas. Résultat: nous manquons d’authenticité et nous portons des masques sociaux pour éviter que les autres le remarquent. Nous avons une telle peur qu’on découvre que nous ne sommes pas qui nous prétendons être.
Naturellement, nous jugeons aussi les autres d’après notre idée de la perfection, et bien entendu ceux-ci déçoivent toujours nos attentes.

Nous allons jusqu’à nous déshonorer, simplement pour plaire à autrui. Parfois certains abîment même leur corps pour être acceptés par les autres. On voit des adolescents prendre de la drogue pour ne pas être rejetés par leurs copains. Ils ne sont pas conscients que leur vrai problème est de ne pas s’accepter.
Ils se rejettent eux-mêmes faute d’être ce qu’ils prétendent être.
Ils souhaitent être comme ceci ou comme cela mais, puisque ce n’est pas le cas, ils se culpabilisent et ont honte.

Les humains se punissent indéfiniment, à défaut d’être ce qu’ils croient devoir être.
Ils se maltraitent constamment, et se servent aussi des autres pour se faire du mal.
Mais personne ne nous maltraite plus que nous-mêmes, car ce sont le Juge, la victime et le système de croyances qui nous poussent à agir ainsi.
Bien sûr, les gens diront que leur mari ou leur femme, leur père ou leur mère, leur ont infligé des mauvais traitements, mais vous savez comme moi que nous nous automaltraitons encore plus. La manière dont on se juge est la plus sévère qui soit. Lorsqu’on commet une erreur en présence d’autrui, on essaye de la cacher ou de la nier. Mais dès qu’on se retrouve seul, le Juge devient si puissant, la culpabilité si forte, que l’on se sent stupide, mauvais ou dénué de valeur.

Au cours de votre existence, personne ne vous a jamais davantage maltraité que vous-même.
Et les limites que vous mettez à vos propres mauvais traitements envers vous-même sont exactement celles que vous tolérez de la part d’autrui. Si quelqu’un vous maltraite un peu plus que vous-même, sans doute le fuirez-vous. Mais s’il fait un peu moins que vous-mêmes, vous continuerez probablement cette relation et tolérerez cette situation indéfiniment.

Si vous vous maltraitez terriblement, vous pouvez même supporter quelqu’un qui vous bat, qui vous humilie et vous traite comme moins que rien.
Pourquoi? Parce-que, dans votre système de croyance, vous vous dites: je le mérite. Cette personne-là me fait une faveur d’être avec moi. Je ne suis pas digne d’amour et de respect. Je ne suis pas assez bon(ne).

On a besoin d’être aimé et accepté par autrui, mais on est incapable de s’aimer soi-même.
Plus on a d’amour propre, moins on se maltraite.
Se maltraiter provient d’un rejet de soi, celui-ci résultant d’une image de la perfection à laquelle il est impossible de se conformer. L’idée qu’on se fait de la perfection est la raison du rejet de soi-même; c’est à cause d’elle qu’on ne s’accepte pas tel qu’on est, ni les autres tels qu’ils sont.

Prélude à un nouveau rêve

Vous avez conclu des milliers d’accords avec vous-mêmes, avec les autres, avec le rêve de votre vie, avec Dieu, avec la société, avec vos parents, votre conjoint, vos enfants.
Mais les plus importants sont ceux que vous avez passés avec vous-même.
Au moyen de ces accords, vous vous dites qui vous êtes, ce que vous sentez, ce que vous croyez, et comment vous comporter.
Le résultat est ce que vous appelez votre personnalité.
Dans ces accords, vous dites: Voilà ce que je suis. Voilà ce que je crois. Il y a des choses que je peux faire, d’autres non. Ceci est la réalité, cela est imaginaire; ceci est possible, cela est impossible.

Un seul de ces accords ne pose guère de problèmes, mais nombreux sont ceux qui vous font souffrir et échouer dans la vie.
Si vous voulez connaître une existence faite de joie et de plénitude, il vous faut trouver le courage de rompre ceux de vos accords qui sont fondés sur la peur, et revendiquer votre pouvoir personnel.

Les accords dérivés de la peur nous font dépenser énormément d’énergie, tandis que ceux qui découlent de l’amour nous aident à conserver cette énergie et même à en avoir davantage. »

Les quatre accords toltèques – la voie de la liberté personnelle – Don Miguel Ruiz

DSM et troubles psychiatriques, vers une nouvelle vision de l’humain – partie 2 –

Note : aujourd’hui, trois ans après, j’accompagne les personnes, en mots et en soins énergétiques, et je forme à l’Art de la guérison, pour plus de renseignements, je vous invite à vous rendre sur http://www.etrehumain.fr. A lire aussi ceci, écrit plus récemment : la Dé-pression, j’entends des voix, je vois des signes partout, à me rendre fou, à bientôt, peut-être « en vrai » 🙂 !

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Le DSM, qu’est-ce que c’est?

Le DSM, c’est la bible des psychiatres, la référence, c’est un très gros dictionnaire dans lequel sont répertoriés tous les troubles psychiatriques, avec des définitions précises, des critères précis qui aident à établir un diagnostic psychiatrique, dans l’optique, aussi, d’administrer le traitement médicamenteux approprié.

Le problème, c’est que le volume de cet ouvrage ne cesse d’augmenter de manière assez spectaculaire: 106 pathologies en 1952…. 297 en 1994!
De plus en plus de professionnels s’insurgent et invitent à prendre du recul sur ce manuel.

“La labellisation des troubles psychiques, l’inflation des étiquettes, «dépressif», «phobique», «cyclothymique», voilà sans doute l’une des premières causes des reproches adressés par une grande partie des professionnels du psychisme au DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders). Cette bible médicale internationale, éditée par l’American Psychiatric Association depuis les années 1980, égraine des listes de symptômes et de comportements «ineptes» sur lesquelles les cliniciens sont censés s’appuyer pour poser leur diagnostic. Ce mois-ci, c’est une nouvelle version de ce manuel qui sera publiée (le DSM 5), publication qui suscite de nombreuses controverses, que ce soit outre-Atlantique ou en Europe.”¹

Une logique de marché

D’une part, le DSM répond clairement à une logique de marché:

“plus de la moitié des experts impliqués dans la rédaction du DSM ont un lien financier avec un ou plusieurs des laboratoires pharmaceutiques fabricant les remèdes recommandés pour traiter les “pathologies” que décrit le manuel.”²

La nécessité de l’établissement d’une norme commune

D’autre part, il répond aussi à un besoin évident, pour les professionnels, de s’y retrouver, d’avoir une norme commune, une sorte de grille de lecture des maux de leurs patients.
C’est le penchant rationnel, logique de notre cerveau qui a besoin de mettre dans des cases tout ce qu’il appréhende, tout son savoir.

Il est évident que cette classification est un outil utile, il devrait rester un outil.

L’intérêt aussi de cette norme commune est de permettre aux “malades” de se retrouver au sein de communautés souffrant des mêmes maux, sur internet par exemple.

“Combien de patients, une fois diagnostiqués, peuvent désormais rejoindre sur Internet une communauté d’autres personnes atteintes du même mal et glaner toutes les informations nécessaires à la compréhension de leur trouble?».”¹

Pour aller plus loin sur le DSM, revue de presse critique:
http://www.agidd.org/Revue_de_presse_DSM5.pdf

“Tendance à diagnostiquer à tout va en Occident”, Quand l’outil a pris trop de place

“Comment justifier que le désir d’appartenir à un groupe, le souci des autres, le fait d’anticiper les situations ou la capacité à considérer les événements avec humour y soient présentés comme des mécanismes de défense et non comme des attitudes saines et appropriées? De toute évidence, le DSM est en train de pathologiser de nombreuses expériences humaines absolument banales.”²

Emilio de La Rosa (mentionnons au passage ses nombreux titres qui sont si importants dans notre société: médecin, diplômé en santé publique et gestion des services de santé, docteur en anthropologie et écologie humaine, actuellement membre du Comité international de bioéthique de l’Unesco) dénonce également cet état de fait: à l’heure actuelle, nous transformons en pathologie des phénomènes banals dans la vie humaine.

Les médecins, les personnes sont-ils encore conscients du fait que ces étiquettes ne sont que des outils?

Où se situe la norme?
L’humain peut-il se situer dans une norme devenue aussi stricte, poussée à l’absurde?

Cette norme correspond aux valeurs actuelles de la société occidentale, valeurs issues d’une vision mécaniste et matérialiste de la vie et de l’humain poussée à l’extrême.

“L’homme moderne du 20ème siècle est cependant handicapé par un système de croyances matérialiste et trop réaliste qui tend à mépriser ces processus thérapeutiques autonomes. L’homme moderne a malheureusement un hubris – N.d.T. “orgueil” – de la conscience (Jung 1960) qui lui fait croire que tout ce qui est mental peut être accompli à un niveau conscient et volontaire. De tels efforts de volonté viennent souvent se placer en travers du chemin des processus naturels de guérison.”³

Dans ce système de pensée matérialiste et mécaniste, l’humain se trouvera bien évidemment soulagé de se voir mettre cette étiquette.

“Soit. Mais de nombreux patients, de leur côté, confient le soulagement ressenti lorsque le mal dont ils souffrent est enfin nommé. Ainsi, cette ancienne toxicomane: «Le jour où un psychiatre m’a expliqué que je souffrais d’addiction, j’ai eu l’impression d’être enfin comprise.»”¹

Cet apaisement vient de ce que cette étiquette redonne une place à l’individu dans la société où il vit en lui permettant une adéquation avec le système de valeurs de la société dans laquelle il se trouve.
Je ne suis plus anormal, je suis rangé dans cette “case” qui me rend ma normalité, qui me redonne une place dans cette société en tant que “dépressif”, anxieux” etc.

Une société avec une norme placée très haut, une norme devenue de plus en plus inhumaine.

Un apaisement illusoire qui laisse peu de place à l’évolution naturelle d’un individu

Cet apaisement est illusoire pour celui qui entrevoit un autre système de pensée, d’autres valeurs et c’est en général le cas de celui qui souffre d’une maladie psychiatrique, je parle ici de maladies psychiatriques “mineures” (psychoses, dépression, bipolarité, anxiété, crise d’angoisse, hyperactivité et autres nombreuses appellations inventées par le DSM etc.): une inadéquation au système.

Il pourra donc de manière sournoise lui causer plus de souffrances qu’il n’y parait.

Souffrance de passer à côté des chances d’évolution que permettent la maladie, l’inconfort, la souffrance

La souffrance, c’est de se dire que cette maladie est une inconstance,
en croyant que l’humain doit être constant,
une erreur,
en croyant que l’humain ne doit pas se tromper,
quelque chose d’anormal à mettre sous silence,
en croyant que l’humain ne doit pas se dévoiler,
à bâillonner, à contrôler,
en croyant que l’humain peut tout contrôler,
à étouffer,
en croyant que l’humain peut étouffer, oui, seulement pour un temps.

Souffrance de ne pouvoir entendre le message de la maladie
La souffrance, c’est de ne pouvoir donner un sens à la maladie: cette maladie est seulement une anomalie, une fragilité. Le travail consiste seulement à l’éradiquer. On ne cherche pas le pourquoi, le sens.

Souffrance de se sentir enfermé dans une étiquette qui perdure
Cette souffrance, c’est de s’identifier, par cette étiquette, à cette maladie: je suis anxieux, je suis psychotique, je suis dépressif, je suis fragile.

Rappelons la distinction pertinente à ce sujet que fait Thierry Janssen entre être malade et avoir une maladie.

Continuer à nourrir la peur qui entrave l’évolution

L’être humain d’aujourd’hui a peur.

Sa plus grande peur lui vient de ce qu’il est persuadé de tout pouvoir contrôler, étiqueter, appréhender, comprendre.
Cette peur nous vient justement de cette vision matérialiste des choses, de l’humain, de la nature, l’être humain peut la contrôler, la dominer.

Alors, dans ce système où tout est contrôlable, le jugement sera implacable.
Le jugement de la société.
Notre propre jugement.

“Mais personne ne nous maltraite plus que nous-mêmes, car ce sont le Juge, la Victime et le système de croyances qui nous poussent à agir ainsi”*

De n’être pas à la hauteur, d’être inconstant, anormal: « tu ne devrais pas faire ça, il n’est pas normal d’agir comme cela, de réagir comme cela etc. »
Toute cette manière de penser “judéo-chrétienne” axée sur ce qu’il est juste de faire et ce qui ne l’est pas, sur la culpabilité et le jugement.

Un apprentissage de toute notre enfance, de toute une vie.

Ce jugement va causer une telle culpabilité, insoutenable, que nous serons poussés à se trouver des excuses, des étiquettes qui nous soulageront de cette culpabilité, qui nous autoriseront, qui nous donneront ce droit auquel nous avons été habitués et que notre mental nous réclame constamment, souvent de manière inconsciente.

Ouf, j’ai le droit d’être fatigué à l’extrême: je suis dépressif.
Ouf, j’ai le droit d’entendre des voix: je suis délirant.
Ouf, j’ai le droit d’être inconstant: je suis cyclothimique.

Ces étiquettes me libèrent de ma culpabilité.
Ces étiquettes me libèrent de ma responsabilité.
Ces étiquettes me libèrent de mon rôle d’humain responsable, capable.

Ces étiquettes m’enlèvent ma liberté d’être humain en vie, en évolution, cyclique, mystérieux, improbable, épatant, déconcertant.

“La peur et la souffrance sont des composantes importantes du rêve de la planète; ce sont les instruments qui maintiennent chacun tout en bas.”*

J’ai le droit d’être tout cela, je suis humain, je suis EN VIE.

Suite: Partie 3

¹ Extrait de l’article du figaro:
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/05/10/20493-psychiatrie-faut-il-ranger-malades-dans-cases
²  Le défi positif, Thierry Janssen
³ Traité pratique de l’hypnose 
Milton Erickson, L. Rossi, I. Rossi
* Les quatre accords toltèques, Don Miguel Ruiz

Le chemin de Vie – extrait de Michel Odoul

Belle symbolique sur le chemin de vie, vue par les orientaux, reprise par Michel Odoul dans son livre Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi – Les cris du corps sont des messages de l’âme:

« Les Orientaux nous proposent une image fort intéressante pour ce véhicule et ce Chemin de Vie.
Nous sommes, disent-ils, comme une charrette, une Calèche qui représente notre corps physique et qui circule sur un chemin qui symbolise la vie ou plutôt le Chemin de Vie. Voyons jusqu’où nous pouvons pousser cette image.

Le chemin sur lequel circule la Calèche est un chemin de terre. Comme tous les chemins de terre, il comporte des « nids-de-poule », des trous, des bosses, des cailloux, des ornières et des fossés de chaque côté.
Les trous, les bosses et les cailloux sont les difficultés, les heurts de la vie.
Les ornières sont les schémas déjà existants que nous reprenons des autres et que nous reproduisons.
Les fossés, plus ou moins profonds, représentent les règles. Les limites à ne pas franchir sous peine d’accident.
Ce chemin comporte parfois des virages qui empêchent la visibilité ou traverse par fois des zones de brume ou des orages.
Ce sont toutes ces phases de notre vie où nous sommes  » dans le brouillard « , où nous avons de la difficulté à voir clair ou à pouvoir anticiper car nous ne pouvons  » voir devant « .

Cette Calèche est tirée par deux chevaux, un blanc (Yang) qui est à gauche et un noir (Yin) qui est à droite.
Ces chevaux symbolisent les émotions, ce qui nous montre à quel point ce sont elles qui nous tirent, voire nous mènent dans la vie.
La Calèche est conduite par un Cocher qui représente notre mental, notre Conscient.
Elle possède quatre roues, deux devant (les bras), qui donnent la direction ou plutôt impliquent la direction donnée par le Cocher aux chevaux, et deux derrière (les jambes), qui portent et transportent la charge (elles sont d’ailleurs toujours plus grosses que celles de l’avant).
À l’intérieur de la Calèche, il y a un passager que l’on ne voit pas. Il s’agit du Maître ou Guide Intérieur de chacun de nous, de notre Non-Conscient, de notre Conscience Holographique. Les chrétiens l’appellent  » l’Ange Gardien « .

Notre Calèche personnelle avance donc sur le chemin de la vie, dirigée en apparence par le Cocher. Je dis bien en apparence, car si c’est bien lui qui la conduit, c’est en fait le passager qui a donné la destination. Nous retrouverons cette explication ultérieurement au sujet du Ciel Antérieur et du Non-Conscient et des choix établis par le Chenn Prénatal, puis le Chenn incarné.
Le Cocher, qui est notre mental, conduit donc la Calèche. De la qualité de sa vigilance et de sa conduite (ferme mais en douceur) vont dépendre la qualité et confort du voyage (existence).
S’il brutalise les chevaux (émotions) et les brime, ceux-ci vont s’énerver ou s’emballer à un moment donné et risquer de conduire la Calèche à l’accident, de la même manière que nos émotions nous conduisent parfois à des actes irraisonnables voire dangereux.
Si le conducteur est trop relâché, s’il manque de vigilance, l’attelage va passer dans les ornières (reproduction des schémas parentaux, par exemple) et nous suivrons alors les traces des autres, en courant le risque d’aller dans le fossé comme eux s’ils l’ont fait.
De la même façon, s’il n’est pas vigilant, le Cocher ne saura pas non plus éviter les trous, les bosses, les nids-de-poule (coups, erreurs de la vie) et le voyage sera très inconfortable pour la Calèche, le Cocher et le Maître ou Guide Intérieur.

S’il s’endort ou ne tient pas les rênes, ce seront alors les chevaux (émotions) qui dirigeront la Calèche.
Si le cheval noir est le plus fort (parce que nous l’avons mieux nourri…), la Calèche va tirer à droite et être guidée par les images émotives maternelles.
Si c’est le cheval blanc dont nous nous occupons le mieux et qui domine, la Calèche va tirer à gauche, vers les représentations émotives paternelles.
Lorsque le Cocher conduit trop vite, force trop, comme nous le faisons parfois, ou si les chevaux s’emballent, c’est le fossé, l’accident qui arrête plus ou moins violemment tout l’attelage et avec plus ou moins de dégâts (accidents et traumatismes).

Parfois, une roue ou une pièce de la Calèche lâche (maladie), soit parce qu’elle était fragile, soit parce que la Calèche est passée sur trop de bosses et dans trop de trous (accumulation de comportements, d’attitudes inadéquates).
Il faut alors réparer et selon la gravité de la panne, nous allons pouvoir le faire nous-mêmes (repos, cicatrisation), devoir faire appel à un dépanneur (médecine douce, naturelle) ou si c’est encore plus grave à un réparateur (médecine moderne). Mais il sera de toute façon important de ne pas nous contenter de changer la pièce.
Il sera essentiel de réfléchir à la conduite du Cocher et à la manière avec laquelle nous allons changer nos comportements, nos attitudes face à la vie, si nous ne voulons pas que  » la panne  » se reproduise.

Parfois, la Calèche traverse des zones de faible visibilité, c’est-à-dire que nous ne voyons pas vraiment où nous allons.
Il peut s’agir d’un simple virage. Nous pouvons le voir et nous préparer à son arrivée en anticipant. Nous devons alors ralentir, repérer dans quel sens tourne le chemin et suivre la courbe en tenant bien les chevaux (maîtriser par exemple nos émotions quand nous vivons une phase de changement voulue ou subie).
Lorsqu’il s’agit de brume ou d’orage, il nous est alors plus difficile de conduire notre Calèche. Nous devons  » naviguer à vue « , en ralentissant l’allure et en nous fiant aux bords immédiats du chemin.
Nous devons dans cette phase faire une confiance totale, pour ne pas dire  » aveugle « , dans le Chemin de Vie (lois naturelles, règles de la Tradition, Foi, etc.) et le Maître ou Guide Intérieur (Non-Conscient) qui a choisi ce chemin. Ce sont les phases de la vie où nous sommes perdus  » dans le brouillard  » et où nous ne savons plus où nous allons. Dans ces moments-là, nous ne pouvons plus faire autrement que laisser la vie nous montrer la route.

Parfois, enfin, nous arrivons à des carrefours, des bifurcations. Si le chemin n’est pas balisé, nous ne savons pas quelle direction prendre.
Le Cocher (le mental, l’intellect) peut prendre une direction au hasard. Le risque de se tromper, voire de se perdre, est grand.
Plus le Cocher est sûr de lui, persuadé de tout connaître et de tout maîtriser, plus il va vouloir et penser savoir quelle direction choisir et plus le risque sera important. Nous sommes alors dans le règne de la  » technocratie rationaliste « , où la raison et l’intellect croient pouvoir tout résoudre.
S’il est, en revanche, humble et honnête avec lui-même, il demandera quelle route prendre au passager (Maître ou Guide Intérieur). Celui-là sait où il va, il connaît la destination finale. Il pourra alors l’indiquer au Cocher, qui la prendra, à condition que ce dernier ait été capable de l’entendre.
En effet, la Calèche fait parfois beaucoup de bruit en roulant, et il est nécessaire de s’arrêter pour pouvoir dialoguer avec le Maître ou Guide Intérieur. Ce sont les pauses, les retraites que nous faisons parfois pour nous retrouver, car il nous arrive de nous perdre. »