Êtes-vous guérisseur ? :-)

On trouve beaucoup de textes sur les guérisseurs, avec des indices pour savoir si « vous en êtes » ou pas. Nous sommes tous des guérisseurs en substance, un peu comme nous sommes tous des cuisiniers, des peintres, des poètes, des joueurs de foot… ! C’est l’attirance, l’envie, le désir qui va faire que l’on va se…

via Suis-je un guérisseur ? Le travail, les qualités et les difficultés du guérisseur — Etre Humain

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Au sujet du handicap et des troubles psychotiques, une vision renversante…!

 

“Le récit que vous allez découvrir au fil des pages vous fera certainement connaître le monde du handicap avec un regard qui vous était totalement étranger jusqu’à aujourd’hui.[…]
Puisse ce témoignage parler au cœur de chacun de vous et balayer le regard souillé que, malheureusement encore, beaucoup de personnes portent sur cette différence. Puissions-nous apprendre à voir au delà des apparences, à fermer les yeux et laisser notre coeur reconnaître la pureté de leurs âmes.[…]

Les ouvriers du ciel

Pour lire la suite de mon article sur Au pied d’un arbre (site de Fabien que je vous recommande vivement !), c’est ici (un site sur lequel j’écris depuis quelques mois maintenant :-)) :
Derrière le handicap, une mission de lumière
Sachez qu’au delà du sujet du handicap, de l’autisme, Romuel, dans ce livre, nous parlera aussi des troubles dits psychotiques, mais aussi et surtout de l’Humain dans une dimension méconnue, lisez cet article !!!!!
Ce livre est un précieux cadeau du ciel…

L’arbre généalogique de mes pensées – aux origines du voile qui masque ma vérité profonde

Je partage avec vous un texte que j’ai trouvé chez mon maître reiki Odile Dahan, le jour où j’ai passé mon troisième degré de reiki.
Ce texte est arrivé au bon moment et a éveillé quelque chose de très intense en moi.
Mon dieu, quel pouvoir ont les mots…!
Je vous le livre et j’y ajoute une suite plus personnelle, certains s’y retrouveront peut-être…

Âme d’enfant

Un homme tomba dans un trou et se fit très mal.
Un Cartésien se pencha et lui dit :
« Vous n’êtes pas rationnel, vous auriez dû voir ce trou ».
Un spiritualiste le vit et dit :
« Vous avez dû commettre quelque péché ».
Un scientifique calcula la profondeur du trou.
Un journaliste l’interviewa sur ses douleurs.
Un yogi lui dit : « Ce trou est seulement dans ta tête, comme ta douleur ».
Un médecin lui lança 2 comprimés d’aspirine.
Une infirmière s’assit sur le bord et pleura avec lui.
Un thérapeute l’incita à trouver les raisons pour lesquelles ses parents le préparèrent à tomber dans le trou.
Une pratiquante de la pensée positive l’exhorta : « Quand on veut, on peut ! »
Un optimiste lui dit : « Vous avez de la chance, vous auriez pu vous casser une jambe ».
Un pessimiste ajouta : « Et ça risque d’empirer ».
Puis un enfant passa, et lui tendit la main…

Imaginez maintenant la même scène à l’intérieur de vous-même, ces mêmes voix dressées contre vous-même, ces même théories réductrices, tellement réductrices qui ne sont que le fruit de l’arbre généalogique de vos pensées, celles-là qui demandent à être nettoyées, purifiées, éclairées :

Vous êtes dans ce trou.
Vous êtes soudain triste,
vous vous sentez soudain fatigué,
vous n’arrivez pas à faire ce jour-là ce que vous aviez prévu de faire,
vous n’arrivez pas à écrire tout ce que vous avez en tête, là.
Vous êtes en colère.
Votre dos vous fait mal,
et votre tête, votre tête… à se taper contre les murs.

Observez maintenant les milles personnages dans votre tête qui vont interpréter, décortiquer, juger, tirer des théories pour finir par s’éloigner à mille lieux de la réalité :

voilà mon problème, je suis toujours fatigué parce que bla bla bla,
voilà la solution, je dois avoir un blocage de ce chakra précis et il faudrait que je prenne tel traitement, que j’étudie ceci ou cela bla bla bla.
Mais non tu dois garder confiance,
mais non cette confiance est dangereuse, tu dois écouter ces voix.
Colère, je déteste être triste, je peux entendre cette voix qui déteste la tristesse parce cette autre voix derrière me dit que je devrais pas être triste parce qu’elle s’imagine que je suis triste pour cette broutille que cette autre voix ma assuré être la cause de ma tristesse.
Je refuse cette colère parce que cette voix m’a dit que j’étais en colère pour cela et cette autre voix m’a dit que je ne devais pas.
Vous vous dites que cette douleur est à cause de cette raison qu’a évoqué cette autre voix qui le tenait de cette théorie de ce bouquin lu autrefois.
Vous refusez alors cette douleur qui fait hurler toutes ces voix que vous ne supportez plus d’entendre.

……. Et le Juge, oh ce cher juge qui décrète alors : tout cela est ridicule, ridicule, tout cela n’existe pas, tu es ridicule, tu n’es rien.

Blanc.

Soudain vous percevez, de tout votre être ceci :

JE SUIS.

Je suis je suis je suis !!!!!!
je suis en colère
je suis triste
j’ai mal
je suis fatigué.

JE SUIS

Dans cet état de grâce, de silence, de vérité profonde, vous percevez avec effroi l’illusion, illusion monumentale dans laquelle vous êtes plongé depuis si longtemps, ce trou gigantesque où tout est noir mais duquel vous percevez soudain la lumière,
ce blanc.

Alors vous fermez les yeux, divine vision et vous vous centrez, vous vous centrez sur vous-même et c’est alors que vous voyez aussi, dans cette profondeur immense en vous cette même lumière, cette même lumière dehors, dehors, en vous dehors, en vous.

Je suis lumière, je suis et je pleure, je pleure.

Je cesse de pleurer, j’en tremble encore et je garde ce repère, ce guide, en moi, en dehors de moi, je retrousse mes manches, encore, et je poursuis le chemin, avec patience et bienveillance.

Mon regard change, mon corps change, mes pensées s’évanouissent pour en créer de nouvelles, celles-là que je ne croyais pas possibles, celles-là qui encore aujourd’hui me font peur;
celles-là sont enfantines, insouciantes, sérieuses, bienveillantes et surtout, surtout, mouvantes, à l’inverse de ces pensées sclérosantes qui me maintenaient enfermée.
Il y en a même une qui me tend la main…

Et je dis patience, patience dans ce silence.

La dépression vue autrement – partie 3

<< Retour vers Partie 1
Je vous livre ici quelques extraits en gardant à l’esprit que de nombreuses disciplines de divers horizons, qu’il est impossible de détailler ici, ont découvert cette richesse du cœur de l’humain : des psychanalystes, des psychologues, des homéopathes, des praticiens reiki, des sophrologues etc. La liste est longue.

Voici deux auteurs et une personne qui témoignent du trésor révélé du cœur de l’humain.
Il pourrait y en avoir mille autres.
Faites vos recherches, venez ici les partager, diffusez-les, partagez-les, diffusez votre foi, votre espoir lorsque celui-ci verra le jour.
Sachez que tant d’autres en témoignent aussi, citons par exemple les psychiatres A. Maslow, Y. Prigent, Jung, Stanislav Grof.

Rencontre avec le trésor de l’humain:

B.Montaud et JC. Duret dans Allô mon corps… Fondements de la psychanalyse corporelle, récit de leur parcours et de leurs découvertes survenues de manière fortuite dans la pratique de leur métier de kinésithérapeute.
Ces hommes ont fait émerger malgré eux une composante de l’humain qu’ils étaient loin d’imaginer, par le biais du corps :

(Vous remarquerez chez ces personnes le vocabulaire emprunté, la beauté, la noblesse et la poésie de leurs mots, un vocabulaire qui contraste énormément avec celui de la peur beaucoup plus couramment employé dans l’information diffusée en masse)

“Mais nous n’étions pas au bout de nos surprises en matière d’étonnement! Car tout un continent intérieur s’ouvrait sous nos yeux.”

Peut-être que seule la poésie pourrait vraiment en parler, tant ces instants touchent vraiment aux confins du sens, comme si soudain la lumière venait éclairer l’obscurité de chacun.”

“Paroxysme physique”, “paroxysme verbal sans égal”, “état de conscience modifié”
“Impensable pardon, impensable rencontre amoureuse avec la misère humaine”

“[…] il s’agit d’une transfiguration”, tant la douche d’amour opère un apaisement du corps et du visage.”

“C’est un véritable instant de communion au plus profond que cette ‘douche d’amour’ rejaillissant sur tous ceux qui ont assisté à un tel niveau de revécu.”

“ces rares moments de vérité, ces étonnants moments de sincérité ultime sont d’une telle noblesse et d’une telle profondeur, qu’ils produisent toujours une véritable “douche d’amour” sur ceux qui ont la chance d’y assister. Oui, réellement, l’espèce humaine en de pareilles circonstances atteint une vraie dimension de beauté, et il ne peut plus y avoir aucun doute sur le chemin parcouru, quand la réconciliation profonde remplace soudain l’amertume et la rancoeur envers son passé.”

Rajan Sankaran, grand homéopathe qui a fait progresser d’un bond la pratique et la vision de l’homéopathie au travers de ses nombreuses œuvres récentes sur le sujet en abordant les problématiques de l’humain du point de vue de la sensation.

Il a le talent incroyable de faire plonger son patient au cœur de la sensation qui n’est pas un processus intellectuel et qui représente le cœur de la personne, son autre partie ignorée, son other song, son autre chant dont il n’a pas conscience, une partie non spécifiquement humaine qui entre en dissonance avec l’autre partie humaine consciente et qui lui cause de nombreux troubles psychosomatiques et psychologiques.

Vivre cette sensation, en prendre conscience en l’expérimentant amène un soulagement, une guérison inimaginable:

“Nous avons vu des guérisons se produire à des niveaux plus profonds que ce que nous avions vu précédemment.”

“[…] lors de la consultation, ils sont amenés à être en contact avec un aspect central d’eux-mêmes.”

“Avoir ce genre de prise de conscience avant de prendre le remède, aide les gens à éprouver un sentiment de liberté. C’est presque comme si, en face d’eux, on pouvait entendre le déclic dans leur conscience. Ce “ohhhh!”, qui jaillit face à la découverte du fil qui unit toutes leurs expériences, est un agent de guérison puissant. Certains patients nous ont dit de cette expérience qu’elle avait été l’une des plus enrichissantes de leur vie. »

Extrait ici d’une vidéo de Marc de la Ménardière qui témoigne de sa vision du monde transfigurée à la suite d’un arrêt maladie et d’un voyage à la rencontre des penseurs d’une autre vision du monde:

“Et à retoucher ce contact avec son corps, retrouver une harmonie avec son esprit, avec ses pensées, vivre dans le présent, on touche une autre dimension de l’être.
Cette autre dimension de l’être, pour moi, c’est celle qui va nous faire évoluer vers plus d’humanité. Une fois qu’on a touché le fond de son être, on se sent connecté avec la nature, on se sent connecté avec les individus, où qu’ils soient puisqu’on touche la profondeur de l’humain, on est capable de dialoguer avec tout le monde.”

Un nouveau regard sur les troubles psychiatriques:

Au sujet des troubles “négatifs”, de la douleur, de l’angoisse et la dépression, il est intéressant de noter que de nombreux auteurs tendent aujourd’hui à ne plus considérer ces troubles comme pathologiques mais comme étant la manifestation d’un début de guérison, d’un potentiel curatif qui se met en marche et a besoin d’être guidé et encadré et non éliminé.

Citation ici d’ Y. Prigent:

“Si on se déprime, si on craque c’est que l’adulte n’a pas tout à fait étouffé l’enfant, c’est que le désir se sent capable de prendre le pouvoir, à sa manière, par un coup de faiblesse.”

“[…] ne pas supporter, gémir, pousser un cri, tendre une main est déjà un geste d’enfant vivant; ce sont les premières douleurs, les premiers cris qui annoncent une nouvelle naissance.”

L’élimination de ces troubles stopperait en effet ce processus curatif qui augure une nécessaire transformation de l’être.
La souffrance énorme qu’engendrent ces troubles viendrait en effet d’une non-compréhension d’un processus naturel, inscrit en tout humain dans un moment de transformation qui sera marqué symboliquement par une mort et une renaissance.
Transformation impliquant l’acceptation d’une autre partie de nous-même, cause d’une grande dualité qui peut être transcendée.

Stanislav Grof nous dit:

“Les symptômes psychopathologiques apparaissent sous un jour nouveau si nous envisageons les être humains comme reflétant une dualité fondamentale et une tension dynamique entre l’expérience de l’existence en tant qu’objets matériels et celle de l’existence en tant que champ indifférencié de conscience. Les désordres psychogéniques exprimeraient un déséquilibre fondamental entre deux aspects complémentaires de la nature humaine.”

Il est le représentant le plus évident de ce mode de pensée et aussi celui qui a le plus d’expérience dans ce domaine et qui est allé le plus loin dans l’exploration de l’inconscient humain, il a repoussé les peurs ancestrales, ses propres peurs en invitant les patients à plonger au cœur de leurs symptômes et de leurs plus grandes angoisses car, dit-il:

“L’activation des symptômes précède ou accompagne souvent des progrès thérapeutiques majeurs.” “[…] l’intensité des symptômes indique l’activité du processus de guérison et […] les symptômes eux-mêmes représentent une “chance” et non un problème.”

“Leur contenu est tellement extraordinaire qu’il ébranle les cadres conceptuels de l’individu, son système de croyances et la vision du monde propre aux civilisations occidentales”

Avant lui, Maslow déjà affirmait:

“Il est évident que les “problèmes de la personnalité” peuvent être quelques fois une forte protestation contre l’écrasement psychologique et la répression de la vraie personnalité.”

“Le problème de la douleur, de la souffrance et de leur nécessité. […] nous devons savoir ne pas toujours en protéger les gens, comme si cela était nécessairement mauvais.”

“Ne pas permettre aux gens d’assumer leur souffrance et les en préserver peut amener une surprotection qui finit par constituer un manque de respect de l’intégrité personnelle, de la nature profonde et des possibilités de développement de l’individu.”

“Ils pourraient apprendre des psychothérapeutes que la perte des illusions, la découverte de l’identité, à travers la souffrance d’abord, peuvent conduire à la force et à la joie. Le fait qu’ils ne fassent mention d’aucune expérience exaltante, d’aucune expérience de joie ou d’extase, ou même de bonheur, conduit à supposer que ces auteurs sont des gens qui n’ont jamais connu la joie.”

J’ai conscience de vous avoir abreuvé de beaucoup de choses.
Vous prendrez ici ce dont vous avez besoin et vous poursuivrez votre propre chemin. C’est que pour moi l’information est capitale même si, en dernier lieu, l’expérience est le meilleur agent de guérison et de compréhension.

Puissiez-vous ne pas me croire sur parole mais expérimenter cette vérité qui gît en vous, en vous informant par vous-même, en partant à la rencontre de ces acteurs du changement que vous découvrirez sur ce site et sur tant d’autres.

Puissiez-vous rester ouvert, ne pas vous enfermer dans une technique ou une autre et vous référer toujours à celui qui vous invitera à découvrir votre vérité, pas la sienne.

Puissiez-vous vous faire confiance, vous aimer.

A lire également: DSM et troubles psychiatriques, vers une nouvelle vision de l’humain.

* Cet article sur la dépression est présenté à la 60ème édition du festival à la croisée des blogs dont le sujet a été choisi par Dominique Chayer, auteur de Choisir le bonheur.
Ce festival, organisé par le site Développement personnel, permet de mettre nos réflexions en commun autour d’un même sujet chaque mois différent, proposé par les blogueurs. N’hésitez pas à venir vous exprimer sur le sujet de la dépression, ce festival est ouvert à tous, blogueurs ou non.
N’hésitez pas à laisser un commentaire: réflexion, questionnement ou témoignage sur le sujet! 🙂

Bibliographie:

A. Maslow, Vers une psychologie de l’être
Y. Prigent, L’expérience dépressive
B. Montaud et J.C. Duret, Allô mon corps… Fondements de la psychanalyse corporelle
Rajan Sankaran, L’homéopathie pour le monde d’aujourd’hui, découvrir son autre chant (Titre original: The other song)
Stanislav Grof, Psychologie transpersonnelle.

La dépression vue autrement – partie 2

Note : aujourd’hui, quatre ans après, j’accompagne les personnes, en mots et en soins énergétiques, et je forme à l’Art de la guérison, pour plus de renseignements, je vous invite à vous rendre sur http://www.etrehumain.fr. A lire aussi ceci, écrit plus récemment : la Dé-pression, à bientôt, peut-être « en vrai » 🙂

<< Retour vers partie 1
Je voudrais informer aujourd’hui les personnes dépressives ainsi que d’autres personnes atteintes de troubles psychiatriques, les hypersensibles en général, de la magnifique face cachée de l’humain.

Je voudrais vous informer d’autres approches, d’autres études de l’humain méconnues du grand public qui laissent entrevoir de grands espoirs pour l’avenir, l’avenir de l’homme malade, un homme malade de ne pouvoir exprimer son être, son cœur.

Il existe une crise au niveau mondial et cette crise s’en ressent au niveau humain.
Un besoin d’humanité, d’humanisme, besoin de respect, besoin de respect de la terre, de la nature, besoin de respect de l’homme, de ses valeurs intrinsèques, de ses rêves, de sa sensibilité, de ses potentialités d’amour et de créativité, de spiritualité, là où règnent en maîtres d’autres valeurs superficielles de force, de puissance, de domination et de contrôle.

Dans cette vision du monde et de l’humain, il est quasiment acquis, inscrit dans notre conscience que nous sommes à l’image d’une machine, avec des mécanismes connus, prévisibles, biologiques, chimiques. Cette machine humaine se doit de fonctionner correctement, chaque désordre, le moindre petit élément qui sort de la “norme” (précisons-le, norme en vigueur dans cette société d’aujourd’hui occidentale) doit être rangé, masqué, étouffé, colmaté.

Tout ceci est honteux: la dépression, les angoisses, la peur.
L’homme repousse la peur, repousse l’angoisse. Cette angoisse n’a pas lieu d’être.
L’homme angoissé, désespéré se sent honteux, il se sent seul.

Dans ce monde mécaniste, matérialiste, le rôle du “médecin” n’est plus de guérir mais de faire disparaître ou plutôt masquer tout symptôme dérangeant, tout symptôme attestant d’une autre réalité de l’humain.
Des anti pour tout. Anti-inflammatoire, anti-angoisse, anti-délire, anti-vision, anti-perception, anti-émotion.

Anti-humain.

Dans ce monde mécaniste, toute manifestation doit avoir une cause biologique donc ceux qui prennent soin de personnes en souffrance, dépressifs ou angoissés sont des médecins.
Alors, si vous êtes angoissé, vous prendrez un anti-émotions histoire de calmer ce débordement.

Pardonnez ces paroles extrêmes, ce sont celles d’un individu en colère.
Je ne blâme personne, ni les médecins ni les patients, tous victimes d’une crise mondiale, d’une désinformation criante. J’ajouterai même, victimes d’un manque de désir, pour reprendre le terme d’Yves Prigent, victimes d’un manque de foi fondamental.

Oui, je suis en colère et ne croyez pas que je vous juge ou que je ne comprenne pas vos troubles, votre souffrance, votre besoin à vous aussi, malades, de soulager, de faire disparaître, cesser cette souffrance.
Celle-ci est tellement atroce.

S’oublier dans l’alcool, anesthésier sa peine, avec de l’alcool, de la drogue ou des médicaments.
C’est que vous êtes plus raisonnables, plus sages que vous préférez les médicaments aux drogues. C’est plus officiel, c’est permis.
Mais c’est la même chose.
Il s’agit d’oublier.
Oublier que vous êtes un être humain en vie.

Un être qui crie, qui hurle mais ne parvient pas à se faire entendre.

Comme je vous comprends, je suis moi-même passée par là et croyez-moi, mon histoire de famille est empreinte de cela.
De la dépression, du suicide, des délires, des angoisses, hypersensibles que nous sommes, en manque d’amour, en manque de rêve, en manque de créativité, en manque de nature, de respect, de sens.

Sommes-nous là pour nous résigner à notre sort?
Cela vous satisfait-il de penser que tout ceci n’est qu’hérédité? Que toute votre histoire personnelle, familiale, se résume à une faiblesse héréditaire?
Ces larmes, ces souffrances ne sont donc que cela pour vous? Une maladie, un trouble à éradiquer?
Êtes-vous sûr de cela? Que dit votre cœur? Avez-vous appris à l’écouter?

Partons à la recherche du message des souffrances de vos ancêtres, de vos souffrances, de nos souffrances.
Nous ne nous autorisons plus à donner un sens à notre existence.
Chaque désir, chaque besoin de transcender notre existence, notre histoire familiale, se heurte à cette voix implacable: pour qui te prends-tu? Tu es faible voilà tout!
Les rêves et les espoirs des hommes sont méprisés, ridiculisés, ramenés au rang de naïveté navrante comble d’ignorance.

Vous avez donc si peu de considération pour vous-même que vous acceptez d’être traité de la sorte? Que quelqu’un qui est censé vous aider, vous soigner, vous guérir, ne prenne pas plus de 15 minutes durant la consultation? Que quelqu’un vous mette sous camisole chimique pendant de nombreuses années pour ne pas dire toute votre vie?

Mais oui, il s’agit bien de cela, si peu de considération pour votre grandeur. Un mépris de la beauté de votre âme.

L’homme est une machine biologique, oui.
Il est aussi autre chose. Quelque chose d’extraordinairement complexe et merveilleux.

Des milliers de personnes étudient cela, prennent en compte cela et en témoignent.

Je vous demande de vous informer, de vous éveiller, de vous réveiller, de vous tourner vers ces personnes.
Ces personnes, ces médecins, psychologues et autres qu’importe leur titre!
Qui vous regardent avec amour, espoir, confiance, qui vous apprendront à lire dans votre cœur  à rentrer dans votre corps, vos sensations, les messages qu’il vous transmet.
Ces personnes dont le regard est lumineux, aimant, vivant.
Ces personnes qui prendront le  temps de vous écouter.
Ces personnes qui ne rejetteront aucune alternative, aucune aide.
Ceux-là même vous prescriront ce médicament dont vous avez besoin pour un temps en vous disant que ce temps-là va cesser, en travaillant, en vous faisant confiance, en vous redécouvrant, pas à pas, patiemment, lentement, en conscience.
Celui-là a profondément confiance en vous.

Car ces personnes-là ont vécu, expérimenté le coeur de l’humain, le trésor qui se cache derrière ces angoisses, ces désespoirs.
Cette lumière, cette joie incommensurable, ce déclic.
Déclic d’une conscience, l’étincelle de vie, une vie qui ne se laissera plus enfermer dans une théorie seulement mécaniste mais qui l’intègrera à cette autre réalité qui naîtra dans votre coeur.

Je ne vous donnerai pas une technique, la bonne, la seule, car il en existe des milliers.
Le point commun de toutes ces “techniques”, c’est cette vision élargie de l’humain, la prise en compte de son trésor intérieur, de sa richesse.
La suite ici : Partie 3

La dépression vue autrement – partie 1 – mieux la comprendre

Note : aujourd’hui, quatre ans après, j’accompagne les personnes, en mots et en soins énergétiques, et je forme à l’Art de la guérison, pour plus de renseignements, je vous invite à vous rendre sur http://www.etrehumain.fr. A lire aussi ceci, écrit plus récemment : la Dé-pression, à bientôt, peut-être « en vrai » 🙂

Je voudrais ici revenir sur le sujet de la dépression en m’inspirant largement à nouveau du livre d’Yves Prigent, L‘expérience dépressive.

Beaucoup d’études portent sur la dépression: pourquoi certaines personnes y sont plus sujettes que d’autres, quels sont les gènes qui la favorisent, comment en venir à bout, quel est le régime alimentaire qui aide à en sortir, quelles sont les carences alimentaires qui la favorisent, les zones du cerveau que l’ont voit « inactives » dans le cerveau des dépressifs, etc.
Elle est revendiquée comme une maladie, revendication assez légitime dans le sens où elle permet d’éviter de « blâmer » ou d’accuser une personne qui en serait « victime ». Revendication légitime également dans le sens ou cette « maladie » empêche l’action, la personne n’a plus aucun contrôle sur elle-même. Elle est contrainte à une sorte d’état apathique dans lequel elle ne ressent plus rien, dans lequel elle n’a plus aucune envie, aucun désir de vie.

Ce ressenti-là est atroce pour celui qui le vit et ceux qui le soutiennent. Ce qui explique qu’en première intention on souhaite s’en débarrasser à tout prix, qu’on le rejette et qu’on le déteste.

Plaçons nous désormais sous un autre angle, un angle peu observé (ou en tous cas moins connu et moins débattu publiquement) qui déséquilibre fondamentalement la balance dans la compréhension de l’humain dans notre société, celui du sens.      

Quel est le sens de cette dépression pour cette personne, outre le fait que son gène 5-HTT se présente sous sa forme courte qui la « prédispose », outre le fait qu’elle a un contexte familial hautement à risque?

Que ressent la personne dépressive?

Toute personne familière au syndrome dépressif ressentira, si elle est attentive, une ambivalence:
d’une part une sorte de complaisance de la personne dans sa dépression,
d’autre part, une plainte de cet état dépressif qui l’empêche d’agir et lui enlève toute envie de vivre.

Cette personne-là a peur.
Une peur atroce, la peur de mourir, de s’enfoncer sans jamais revenir de cette dépression, plus fondamentalement, à un niveau plus profond, inconscient, cette personne-là a peur de son être, elle a peur d’être elle-même, elle ne s’autorise pas à être elle-même. Elle souffre terriblement.
Et alors que son corps, son être la contraignent à être elle, à prendre soin d’elle, celle-ci va à nouveau se blâmer de n’être pas efficace, de n’être pas dans l’action, de n’être pas ce rôle qui ne lui correspond plus, qui l’épuise.

Voyons d’un peu plus près la signification de cette ambivalence.
La complaisance dans la douleur de sa dépression n’est pas malsaine. Elle la juge malsaine, son entourage la juge malsaine.
Que signifie-t-elle en fait?

D’une part, dans son sentiment ambivalent, une complaisance dans la douleur et la dépression:
J’ai besoin d’être moi, j’ai besoin de repos, j’ai besoin d’attention et d’aide. Je souffre de ne pas parvenir à exprimer mon être profond dans cette vie qui ne me correspond pas. J’ai besoin de temps pour réfléchir, besoin d’une rupture profonde pour évoluer.
C’est l’enfant en elle qui n’est pas d’accord, qui lutte, qui boude, qui se met en grève, en rébellion.

Une rébellion qu’elle juge inadmissible en fait.
Et voilà que se joint cette autre voix en elle, certainement la plus destructrice, celle source de son mal-être qui sera accidentellement, maladroitement renforcée par la société et l’entourage qui cherche à l’aider:

Je ne suis qu’une minable, incapable de faire mon travail correctement, d’être là pour mes enfants, d’être un bon parent, d’agir, d’être efficace. Au lieu de ça je ne suis bonne à rien. Tu devrais te bouger, te divertir, voir des gens, sortir, te remuer, ça te ferait du bien.

Comment va se dérouler alors cet épisode dépressif? Comment va-t-il être traité?
En entretenant cette lutte constante, le but va être de chercher à faire sortir la personne de sa dépression.
Cette lutte-là bien évidemment a sa place, le moment venu, propice.

Il faudrait d’abord une autre vision des choses, une vision plus réelle, plus adéquate pour le patient, une vision de confiance et de responsabilisation de l’être humain en reconnaissant sa souffrance, en la laissant s’exprimer sans craintes. Voir ce que cette dépression a à dire.

Et si cette dépression avait un sens? Ne pourrait-elle pas être l’occasion de faire un break de la vie adaptative?
Ne serait-elle pas en fait une petite mort pour renaître changé, un regard neuf sur le monde, sur soi?
Et si nous faisions baisser d’un degré la peur de la dépression et que nous la voyions comme une occasion d’évoluer, comme une bouée de sauvetage envoyée par l’être intérieur?
Et si, en tant que thérapeute ou en tant que proche d’un dépressif, en tant même que dépressif,  nous acceptions sans crainte et en toute confiance ce phénomène?
Lorsqu’un petit enfant est en pleine crise de larmes, cherchons-nous immédiatement à faire cesser ces larmes?
Pire, est ce que nous l’exhortons à les faire cesser?
Essayez de le faire prématurément et aussitôt l’enfant criera plus fort pour manifester qu’il n’a pas fini de panser, d’exprimer la douleur qu’il a besoin d’exprimer.
Non, dans un premier temps nous allons câliner, protéger, rassurer cet enfant pour que, naturellement, par la magie de la bienveillance et de l’attention qu’on lui apporte, il nous montre un signe subtil que, oui, il est prêt, le jeu peut reprendre, oui, la vie peut reprendre.

Et cette douleur-là n’est pas le fruit d’une petite chute advenue quelques minutes avant comme ce jeune enfant pris en exemple, elle est le fruit d’atteintes répétées à l’ individualité d’une personne, à son être le plus profond.
C’est une vieille douleur, profonde, à vif qui, chez cette personne si forte et si peu demandeuse de soutien d’ordinaire, réclame ici urgemment et violemment à être entendue, pansée, apaisée.

Cette personne, à ce moment-là ne sera pas capable de raisonner, d’être raisonnable, elle se comportera tel le petit enfant, de manière un peu capricieuse et demandeuse mais parce que c’est justement le petit enfant plein de vie, d’espoir, de joie et de créativité qui demande à être entendu ici, qui demande à être réhabilité pour venir nourrir sa vie, il a juste besoin de temps, d’amour et de confiance, comme les enfants en ont besoin.

Alors bien évidemment, la famille aura du mal à entendre cette souffrance, par peur de perdre l’être aimé, certes, cette peur-là, on ne pourra l’enlever, mais une autre partie de la peur, celle qui vient de l’incompréhension, celle-ci peut être apaisée si la famille comprend qu’il ne s’agit pas d’elle, que cette dépression ne leur appartient pas, qu’ils n’ont aucune faute, cette dépression est uniquement l’affaire de cette personne.
C’est sa dépression, c’est sa guérison qui viendra du plus profond de son être.
L’affaire de l’entourage, c’est de l’aimer, la soutenir dans la mesure de ses propres moyens et surtout, lui faire confiance, accepter, reconnaître sa douleur, accepter que la personne refuse de sortir, accepter que malgré tout ce que l’on pourra dire, cette souffrance persiste parce qu’elle est énorme et ancienne et que ça prendra du temps pour qu’elle s’apaise et que la solution vient de l’intérieur de la personne dépressive et ne peut venir de personne d’autre.

Attention, mon intention ici n’est pas de mettre une quelconque pression sur les proches mais bien au contraire de permettre de relâcher celle-ci, il s’agit de mieux comprendre la dépression, de réaliser que justement il n’y a pas grand chose à faire si ce n’est d’être patient, confiant, aimant tout en prenant du recul pour tenir le coup.

Garder toujours à l’esprit que si cette dépression se vit dans ces bonnes conditions, c’est-à-dire se vit pour de bon, jusqu’au fond du gouffre avec le soutien de psy, d’amis ou de la famille (qui ne cherchent pas à nier ou se débarrasser de cette souffrance), elle aura une issue merveilleuse.

Celle de la renaissance d’un être nouveau, confiant, aimant, heureux de vivre, créatif et plus vivant que jamais.

Alors, en ayant vécu une expérience comme celle-là, en ayant vu de ses yeux ou vécu un ressenti si extraordinaire après une profonde dépression si atroce, on aura la certitude, la conviction que tout être humain a en lui un potentiel extraordinaire de vie, de créativité, d’expression de son être qui s’exprime naturellement pour peu que les conditions soient bonnes.
On commencera ainsi à faire confiance à l’humain parce qu’on aura vu et vécu son trésor intérieur.
Alors on aura moins peur, alors on sera plus apte à aimer et à comprendre.

A l’inverse, il est important de rappeler que ces épisodes dépressifs pourront se répéter sans cesse et tout au long d’une vie tant que le message n’aura pas été entendu, tant que la peur demeurera de plonger au fond du gouffre, le manque de confiance, le manque de soutien ou un soutien peu adapté (trop de soutien aussi qui peut mener à une infantilisation nocive pour la naissance de l’être), surtout parmi les nombreux psychiatres vraisemblablement blasés qui ne savent pas apporter suffisamment d’amour et de bienveillance à leurs patients et remplacent cette bienveillance par une prescription de médicaments à vie comme on le voit trop souvent.

La dépression n’est pas une faiblesse, elle est le signe d’une incroyable force de Vie qui cherche à se manifester.
Car il s’agit bien de cela, Vivre ou mourir.
Plutôt mourir que de vivre cette vie là qui ne me ressemble pas. Soit on fait le choix de dénigrer ce sentiment et de continuer à essayer de survivre soit on plonge pour de bon, on traverse pour de bon cette tempête pour se rendre compte que la peur était plus grande que la souffrance elle-même et qu’il n’y a pas de risque à se laisser tomber lourdement dans un lit, sans plus rien faire. Car la pulsion de vie revient toujours. Et cette autre vie qui se manifeste sans prévenir, sans l’avoir cherchée ou forcée, n’a plus rien à voir avec l’ancienne.

Des personnes ont témoigné de cet autre visage de la dépression si peu connu mais ô combien capital, notamment des psychologues et psychiatres passionnés par leur travail, Yves Prigent a vu ce phénomène de guérison de l’être et d’éveil à la vie dans son cabinet des dizaines et des dizaines de fois, ce sont ses patients dépressifs eux-mêmes qui lui ont fait découvrir le vrai sens de la vie, il les en remercie et en témoigne chaudement, vivement, humainement.
C’est un livre fondamental que toute personne dépressive ou entourée d’un dépressif devrait lire.
Le lire permet de garder la foi ou de l’éveiller, cette foi en l’être humain si importante pour vivre la Vie (et traverser ses tempêtes!).

Yves Prigent, L’expérience dépressive
La suite ici : partie 2

* Cet article sur la dépression est présenté à la 60ème édition du festival à la croisée des blogs dont le sujet a été choisi par Dominique Chayer, auteur de Choisir le bonheur.
Ce festival, organisé par le site Développement personnel, permet de mettre nos réflexions en commun autour d’un même sujet chaque mois différent, proposé par les blogueurs. N’hésitez pas à venir vous exprimer sur le sujet de la dépression, ce festival est ouvert à tous, blogueurs ou non.
N’hésitez pas à laisser un commentaire: réflexion, questionnement ou témoignage sur le sujet! 🙂

A lire également:
Y. Prigent, la dépression vue autrement, à lire absolument: L’expérience dépressive dont voici un extrait ici:
Chapitre 1 L’expérience dépressive, Y. Prigent – podcast
DSM et troubles psychiatriques, vers une autre vision de l’humain

Pour aller plus loin dans la psychologie de l’être, notamment la foi dans le potentiel de croissance en tout être humain:
A. Maslow Vers une psychologie de l’être
Carl Rogers La relation d’aide et la psychothérapie

Yves Prigent, la dépression vue autrement

L’expérience dépressive Yves Prigent

Un livre sur le “désir”, sur la foi .

C’est presque à contre coeur que j’écris cet article sur le grand neuropsychiatre Yves Prigent et son précieux livre, un trésor, tant il est impossible de retranscrire la magie qui émane de ses mots.
Et pourtant, comment résister à la tentation de faire connaître son livre, que dis-je, de le déclamer, de le crier sur tous les toits…??!!!

Son point de vue sur la dépression et sur ses malades est essentiel, évident et pourtant, ce n’est pas de cette manière qu’on a l’habitude d’entendre parler de la dépression et des patients.

Plus qu’un livre sur la dépression, c’est un livre sur l’humain. D’un humain qui a du coeur, un humain qui a la foi, l’expérience du vécu (auprès de ses malades) et le savoir d’un homme de science.
Le livre d’un homme qui a su allier harmonieusement le coeur et la raison.
Le livre d’un homme amoureux de la vie, amoureux de l’humain.

Le “grand neuropsychiatre Yves Prigent” pour moi, non par sa renommée donc, mais par son intelligence du coeur.
Peut être vous est-il arrivé un jour de vous trouver plongé au coeur d’une réflexion existentielle, plongé au coeur de vous-même, à l’occasion justement d’une dépression ou en pleine tourmente à un moment difficile de votre vie.

Ce voyage dans les profondeurs de vous même vous plonge dans une sorte de brouillard, on pourrait même dire, un chaos, parfois illuminé par des puits d’intense clarté, une clarté plus dans le ressenti que vous n’arrivez pas à appréhender.
Cette même lumière que vous avez ressenti dans l’amour, l’amour envers vos proches, l’amour envers quelqu’un que vous aimez très fort.
Cette lumière, une sensation, en y réfléchissant bien, vous l’avez ressenti aussi dans des moments de créativité, en écoutant une musique, lors d’un contact particulièrement émouvant avec la nature, ces moments où en y repensant, vous étiez au coeur de vous-même. Et pourtant, à ce moment là justement, vous aviez comme perdu le contrôle de “vous-même”.

Ce ressenti est troublant, déconcertant, merveilleux.

Je commence à prendre goût à ce ressenti merveilleux, je voudrais l’apprivoiser ce petit renard comme dans le petit Prince, je voudrais le comprendre, le décortiquer, l’observer sous tous les angles, apprendre à le maîtriser, vite, trop vite, ce ressenti est tellement immense, chaud, chaleureux, doux, vibrant.

Seulement ce ressenti est fou. Il me fait peur. Il est incontrôlable, comme incompatible avec le reste. Il ne correspond à rien de connu. Ou alors, il appartient à un monde qui ne me convient pas, un monde de magie, de folie, de spiritisme, de ces gens qui ont perdu la raison, qui manquent de preuves tangibles.
Ca ressemble à ce qu’ils disent dans les religions aussi et pourtant ces religions à moi ne me conviennent pas, j’ai l’impression qu’elles apportent plus de mal que de bien et je suis un homme de science, de raison.

Pourtant ce ressenti fait partie de moi.
Il est en mon coeur, il est mon ventre. Il est essentiel.
Je veux qu’il fasse partie de ma vie sans me faire sombrer dans la folie, je veux qu’il vienne s’inscrire dans la réalité concrète de ma vie. Mais j’ai du mal. J’ai peur.

Je réalise que se mène une guerre à l’intérieur de moi-même, une guerre contre moi-même.
Le moment est pourtant venu de faire la paix.
La paix entre ce ressenti doux, chaud, vibrant, mystérieux et la réalité concrète, palpable, explicable de ma vie.
Le moment est venu où cette sensation, la foi, ne me quitte plus, elle va m’accompagner, me faire vibrer dans ma vie de tous les jours.

La peur est redescendu à un niveau acceptable, cela me permet de croquer la vie à pleines dents, d’aimer, d’être passionné parce que je suis prêt à ressentir le manque, à affronter l’incertitude de la Vie en perpétuel mouvement.

C’est de cela que traite le livre d’Yves Prigent, de ces personnes qui, pour diverses raisons qu’il détaille dans son livre, ont perdu la foi, leur “confiance existentielle”, ces personnes qui expriment “le refus de se laisser porter par la vie, la peur de se laisser embarquer sur le flux du désir”.

Le “désir” d’Yves Prigent va bien au delà de la simple notion qu’on aurait de ce mot, le désir, pour lui est la “confiance dans ce qu’il y a de plus profond, de plus chaud, de plus vivant en l’homme”.
Il expliquera, dans un langage du coeur, plein de poésie et de vie, comment ces êtres peuvent renouer avec leur désir et à quel point ce désir est essentiel pour soi-même et dans nos rapports avec les autres.

Comme il est frustrant d’écrire sur un sujet si vaste, si profond.
Mes mots ne peuvent exprimer la richesse de ce livre, la richesse du ressenti de la foi dont parle Yves Prigent.
Cette foi, c’est justement le coeur de ce blog, de ce voyage de l’humain, en son coeur, son désir qui donne accès à cette foi.
Et justement, cette foi, on l’explique si mal, ce serait comme chercher à maintenir dans sa main un oiseau chantant, coloré, en train de voler dans le ciel bleu.

Soudain entre nos mains ce petit oiseau perdrait tout son charme.

Voilà toute la difficulté de la découverte de sa foi.

Elle est fragile.

Elle est insaisissable.

Et pourtant…
Elle déclenche un besoin urgent d’échanger, de la partager.
Et voilà comment naissent l’écriture, la parole, les silences, la contemplation, la musique, les rencontres, la Vie.

Yves Prigent, tout comme la foi ne s’explique pas, on le lit, on le vit, on s’imprègne de la magie de ses mots, on vibre avec lui, notre foi s’entremêle à la sienne et on lui dit merci.

Pour aller plus loin:
La dépression vue autrement – suite – mieux la comprendre
DSM et troubles psychiatriques, vers une nouvelle vision de l’humain
Podcats chapitre 1 Y. Prigent, L’expérience dépressive