L’ego, serait-on deux à l’intérieur de nous-même…?

L’ego est très à la mode, on en entend parler partout, j’aimerais le décrire sous tous ses aspects – y compris certains peu connus – , à la lumière de ce que j’ai découvert. L’ego, on nous dit de prendre du recul sur lui, que ce n’est pas vraiment nous et qu’il y a une…

via L’ego, serait-on deux à l’intérieur de nous-même…? — Etre Humain

Je reviens ici sur un sujet qui m’est cher, point de départ de mon voyage, point d’arrivée, cycle sans fin, au sujet de ce que nous sommes humains. Avec un regard nouveau, affiné, affirmé. Notre double nature, cet ego, qu’on connait finalement si peu et cet autre chose, en nous. Les implications de ce sujet sont énormes, dans tous les domaines de la vie d’un humain : sa santé, sa joie, son bonheur, son rapport à lui-même, à l’Autre, au monde, à l’univers…

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Partie 2 – Lettre d’amour à la divine imperfection humaine

Je t’aime toi qui fumes ta cigarette, de manière si illogique et imparfaite.
Je t’aime toi, de mauvaise foi, qui cries ouvertement, te mets en colère alors que tu sais très bien, au fond de toi, que tu ne devrais pas le faire.
Je t’aime toi le jeune qui crie sa rage en étant pas très sage et en cassant des voitures.
Je t’aime toi qui rougis à l’évocation de cette chose qui te trouble, au plus profond de toi-même.
Je t’aime toi qui, après avoir bu quelques verres, cries ton amour inconditionnel à qui veut l’entendre.
Je t’aime toi, dont le cœur s’emballe et te fait suer à grosse gouttes, te fait trembler, vaciller,
Je t’aime toi qui tiens ta tête entre tes mains,
Je t’aime toi qui hurles et cognes sur les murs,
Je t’aime toi qui souffres, qui souffres d’être imparfait, qui souffres à vouloir être trop parfait,
Je t’aime toi qui te tourmentes, toi qui te poses mille questions,

toi, le timide,
toi, l’analytique,
toi, le cérébral,
toi, l’instinctif,
toi, le bavard,
toi, le renfermé,
toi, le déchaîné,
toi, le troublé,
toi, l’illuminé,
toi, le poète,
toi, l’esthète
toi, l’effrayé,
toi, l’apeuré.

J’aime la magnifique imperfection humaine, signe de sa divine perfection,
J’aime cette lutte pour cette divine perfection,
J’aime cette lutte de par cette divine perception.

J’aime ne pas comprendre.
J’aime apprendre,
J’aime le manque,
J’aime le paradoxe, sentir, raisonner, jouir, contrôler, laisser aller, travailler.

J’aime la divine perfection qui se manifeste dans chacune de vos imperfections,
A vous tous, êtres imparfaits, qui travaillez à votre divinité, en quête de votre amour parfait, cette lettre d’amour vous est dédiée.

Partie 1 – Eloge de l’imperfection et de la divine perfection humaine

Bien évidemment, je pourrais écrire un long article sur la belle, la magnifique, la merveilleuse imperfection humaine…

J’aime profondément l’homme qui fume sa cigarette, de manière si imparfaite et illogique (mais pourquoi donc fume-t-il alors qu’il sait que c’est mauvais pour sa santé…??!!!)
J’aime profondément l’homme totalement de mauvaise foi qui crie ouvertement, se met en colère alors qu’il sait très bien, au fond de lui, qu’il ne devrait pas le faire.
J’aime profondément ce jeune qui crie sa rage en étant pas très sage et en cassant des voitures.
J’aime profondément celui-là qui rougit à l’évocation de cette chose qui le trouble, au plus profond de lui-même.
J’aime celui-ci qui, après avoir bu quelques verres crie son amour inconditionnel à qui veut l’entendre.
J’aime celui qui souffre, qui souffre d’être imparfait, qui souffre à vouloir être trop parfait.

Alors me direz-vous… Faisons l’éloge de l’imperfection!
Hum… Pas si sûr car moi je trouve que cette imperfection-là est belle et si difficile à vivre, à accepter, à comprendre, parce qu’existe aussi cette divine perfection.

Laissez-moi vous raconter une histoire…

Je voudrais parler de cette divine perfection parce qu’on en oublierait son importance, sa noblesse, sa réalité en tout humain, spécialement lorsque l’on “travaille”, à juste titre, à relâcher la pression sur notre besoin de perfection.

Au delà de l’aspect évident du besoin de perfection qui nous vient de l’éducation ou de la société, qui nous prend toute notre énergie et nous exhorte à faire toujours plus et toujours mieux, en dépit de ce que nous sommes au fond, je crois qu’il y a en nous tous, une sorte de quête du “paradis perdu”, d’un besoin de se reconnecter avec notre nature divine.
Je ne voudrais pas en offusquer certains, je ne parle pas ici en particulier de religion mais bien plutôt d’une sorte d’archétype inscrit en tout humain, qui ressort dans les religions, certes, mais aussi en toute personne athée.

Ce besoin d’être parfait est inscrit en nous.

Et je crois qu’il y a dans cette perfection quelque chose de bon, de divinement inspirant pour peu qu’on puisse saisir cette divinité, non pas pour nous épuiser à faire quelque chose qu’il n’est pas possible de faire mais plutôt pour avoir cette étincelle dans les yeux, ce désir ardent, jaillissant du plus profond de notre être, cet amour brûlant, lumineux, divin pour nos êtres chers, pour l’être qu’on aime.
Celui-là qu’on idéalise, celui-là qui est un dieu, quelque part.
J’avais lu quelque part avec effroi, un psychologue qui œuvrait pour rétablir LA vérité, celle de l’imperfection de l’être qu’on aime. Il fallait cesser cette idéalisation pour l’aimer réellement, justement, pour ce qu’il était, en réalité : un être imparfait.
Cette idée avait créé une si forte résistance en moi, notamment vers toute évolution intérieure car, certes, je sentais bien qu’il fallait que je voie ce qu’il y avait derrière mon idéalisation : sa réalité, terrestre, imparfaite, bien différente de la mienne quand moi je voyais seulement sa divine nature : mon ange, notre fusion divine, ma moitié.
Alors, à un moment, j’avais finalement pris conscience de notre nature terrestre, imparfaite, à tous les deux et cette réalité avait été fracassante.

N’existait-il que cette réalité imparfaite, n’y avait-il que délire dans cette vision angélique que j’avais de lui, du monde qui m’entourait ?

Réaliser cette imperfection m’avait précipité au fond du gouffre, m’avait ouvert les yeux, aussi.
L’envie de tout faire valser, de partir, de quitter mon ange, de quitter cette terre même.

C’est alors que, au fond du gouffre, au cœur de ma révolution intérieure j’avais ressenti à nouveau cette divine perfection, cette fois-ci décuplée, cet envol, si doux, ce ciel, si pur.
Les choses étaient bien différentes.
Je réalisais que je pouvais accorder ces deux parties en tout humain : la partie “divine” et la partie “terrestre”.

Cette partie de nous, pure, lumineuse, cet amour inconditionnel et cette autre partie, imparfaite, douloureuse, en manque, constamment, ce manque brûlant, ardent, jaillissant de tout mon être et me faisant me sentir plus que jamais en vie.

Cette douleur de ne pas être parfait parce qu’on ressent en son cœur cet amour divin, cette divine perfection.

Alors j’apprenais à vivre avec cette douleur cuisante, ce manque qui faisait naître en moi un désir ardent, pour la vie, pour mon homme, une créativité débordante.
L’Envie, le Désir, la Vie.

Cette douleur n’était plus une souffrance, c’était juste une douleur, la divine douleur de Vivre.

C’est alors que je découvrais l’amour véritable pour cet être imparfait devant moi qui faisait des “erreurs” qui n’en étaient plus.
Ces erreurs, c’était la vie.
Ce que je considérais comme erreur, mauvais chemin, mauvaises décisions, n’en étaient plus.

J’apprenais que mon besoin d’aider les autres parfois avec tant de zèle et d’excès venait aussi de cette douleur-là, de cette déchirure originelle du divin que je souhaitais réparer.
Je savais désormais que le meilleur moyen d’aider l’autre, c’était l’aimer, lui faire confiance, que l’enseignement ne se faisait pas avec autorité et excès de zèle mais avec l’expérience, l’expérience de mon imperfection ; la compréhension, la compréhension, la connaissance et l’acceptation de cette imperfection, chez moi et chez celui qui se trouve en face de moi.
Et alors je pouvais accepter que mon enfant se trompe, que mon enfant prenne des risques.
Et alors je commençais à lui faire confiance, et alors je commençais à l’aimer, véritablement.
En gardant conscience de cette divine lumière que je ressentais en lui et que je sentais si fort en mon cœur.

Et alors je pouvais accepter que mon homme se trompe, que mon frère, mon père, mon ami ne fasse pas comme j’aurais imaginé ou voulu qu’il fasse.
Parce que ces chemins que nous prenons, ces décisions feront de nous ce que nous sommes.
Et ce que nous sommes est si beau.

Parce que je savais aujourd’hui que je ne savais pas grand chose.
Juste que l’être humain était si complexe, si mystérieux, que moi, divine créature terrestre, je ne pouvais qu’essayer d’approcher sa belle nature qui chaque jour m’émerveille, me comble d’ignorance, de manque et de doutes, d’envie et de désir, me comble d’Amour.

* A l’origine de ce texte en deux parties, le sujet de réflexion ô combien inspirant de Régis, auteur de Moment présentL’éloge de l’imperfection, lancé dans le cadre de la 59ème édition du festival A la croisée des blogs, lancé par le site Développement personnel.
Ce festival invite les auteurs de blogs ou même les non blogueurs à plancher chacun sur un même sujet pour en découvrir toutes les facettes en créant par la suite un recueil de tous ces textes.
Belle manière de mettre en valeur la belle individualité humaine.
Merci à toi Régis pour ce beau sujet.

Pour aller plus loin

  • Sur le sujet de la double nature humaine, divine et terrestre, vous pourrez lire l’excellent psychologue humaniste Abraham Maslow dont voici une brève présentation ici: TextePodcast.
  • Sur l’imperfection, le manque, le désir, en lien avec la dépression, je vous invite à découvrir le génialissime psychiatre Yves Prigent.
  • Pour finir, voici un podcast d’un extrait du livre d’Yves Prigent intitulé La femme parfaite, parfaitement froide. Ce podcast n’est représentatif que d’une infime partie du génie de son livre: L’expérience dépressive. 

D’autres podcasts sont en cours pour rétablir l’ordre et le contexte de ce portrait de la femme parfaite, avec l’aimable autorisation de son auteur.